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Plante des Pyrénées occidentales remarquable pour la Flore de France.



- Un Aconitum variegatum L. subsp. ?
Aconitum variegatum est admis comme espèce autonome par TUTIN qui a traité le genre Aconitum dans Flora Europaea.
Les Flores de P. FOURNIER, ROUY et FOUCAUD, et COSTE (Supplément par P Jovet et H de Villemorin) la citent comme étant très rare des Alpes du Nord (Savoie et Haute-Savoie).
Il s'agit alors de la sous-espèce rostratum (Bernh.) Gayer que d'ailleurs Rouy et Foucaud rattachent à Aconitum paniculatum et qu'ils décrivent comme suit : « Plante à panicule flexueuse, lâche, à rameaux ascendants pubescents. Casque étroit, conique, à sommet plus ou moins incliné et contracté en un bec porrigé ».
Aconitum variegatum n'est pas particulier aux Alpes françaises du nord. Nous l'avons récolté en fleur le 20 Août 1967, dans les Alpes-Maritimes prés de Peira-Cava, dans la montagne calcaire de l'Anthion, vers 1751 m d'altitude, au bord de la route conduisant à la Baisse de Carana.
On voit que les Flores générales ne citent pas Aconitum variegatum dans les Pyrénées et le Catalogue-Flore des Pyrénées en cours de publication dans la revue « Le Monde des Plantes » ne le mentionne pas non plus.
Pourtant cette plante y est présente et nous savons qu'elle existe des Pyrénées centrales (Luchon, Cauterets) aux Pyrénées occidentales (plusieurs localités en pays d'Ossau et d'Aspe).
Elle a été confondue avec A. napellus. Mais les graines, lisses sur toutes leurs faces chez A. napellus, présentent chez A. variegatum des crêtes transversales ailées, ondulées, hyalines.
Toutefois la plante pyrénéenne diffère de A. variegatum des Alpes françaises. Elle appartient à une tout autre sous-espèce.

Décrivons-la sommairement :
Plante homogène dans toutes ses stations. Feuilles palmatiséquées à segments rhomboïdaux et lobes larges (ce qui permet de distinguer A. variegatum de A. napellus à l'état végétatif) ; Inflorescence glabre (ce qui permet de différencier A. variegatum de A. paniculatum, cette dernière espèce ayant une inflorescence munie de poils glanduleux) ; panicule très contractée, rameaux peu florifères, généralement plus courts ou dépassant à peine la feuille axillante; fleurs très grandes, d'un bleu violet, mesurant jusqu'à 5 cm de haut et 2 cm de large ; casque largement convexe, arrondi ou surélevé en casque de Minerve, jamais lobé au sommet, avec lobe incliné en avant ; bec subnul, ou, s'il est dessiné, toujours descendant, jamais porrigé ou relevé. Floraison fort tardive : fin août à novembre, graines mûrissant mal à cause des gelées automnales.
Le Dr. W. Seitz, qui a examiné nos spécimens pyrénéens, les rattache formellement à l'espèce A. variegatum mais ne précise pas à quelle sous-espèce ils pourraient appartenir.
La Flore de Hegi signale quatre sous-espèces pour les Aconits du grex variegatum de l'Europe centrale, mais il est annoncé prudemment, en préambule, qu'il n'est pas toujours facile de nommer un échantillon car il existe des formes intermédiaires entre les quatre sous-espèces.
Si l'on peut facilement affirmer que l'Aconit de nos Pyrénées ne saurait être rapporté à la subsp. rostratum décrite plus haut, ni à la subsp. variegatum ou à la subsp gracile remarquables par leur inflorescence lâche, à rameaux plus longs que la feuille axillante, par contre la plante pyrénéenne aurait des affinités avec la ssp. Judenbergense (Reichb.) Gayer (= A. Cammarum Jacq.).
En effet elle possède comme elle une inflorescence contractée, et fleurs à casque non rostré, comprimé, et à bec peu caractérisé.
Mais il semble difficile, dans un genre aussi protéiforme que le genre Aconitum, de rapporter une plante pyrénéenne à un taxon décrit de l'Europe centrale.
De nouvelles recherches permettront sans doute et peut-être à l'intérieur de la ssp. Judenbergense de reconnaître aux Pyrénées une race endémique d'Aconitum variegatum.
La plus belle localité de cet Aconit peut s'observer dans la vallée d'Aspe en amont du hameau des Forges d'Abel, au-dessus de la hêtraie-sapinière d'Espelunguère, au pied de hautes falaises calcaires adspectées à l'ouest.
La station, très accessible grâce au sentier qui conduit au lac d'Estaens colonise à une altitude de 1600-1700 m une nappe d'éboulis assez grossiers stabilisés. L'Aconit abonde. Il fleurit en septembre (après la floraison Aconitum Lamarckii également abondant). On reconnaît au voisinage de belles espèces herbacées luxuriantes : Lilium pyrenaicum, Heracleum pyrenaicum, Sonchus plumieri, et le remarquable Cirsium rufescens Ramond

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Aconitum variegtum L.
- 1 : sommité fleurie.
- 2 : tubercule.
- 3 : feuille.
- 4 : fleur vue de profil grandeur naturelle.
- 4 : la même vue de face.
- 6 : pétale isolé.
- 7 : fleur après chute des cinq sépales.
- 8 : follicule.
- 9 : coupe dans un follicule.
- 10 : graines ailées (profil et farce).
Matériel provenant des Pyrénées Atl., Montagnes d'Aspe ; les Forges d'Abel, haute vallée d'Espélunguère; 1600 m.


Remerciements.
Nous remercions ici les botanistes étrangers qui ont facilité nos recherches en particulier : le Dr W SEITZ, du Botanische Institut der Universitit de Saarbrücken (Allemagne Fédérale). Qu'ils veuillent bien agréer l'expression de notre reconnaissance.

BIBLIOGRAPHIE
Flores générales de la France (de COSTE, de ROUY et FOUCAUD, de P. FOURNIER, GUINOCHET (M.) et VILMORIN (R. de) fasc. I, 1972 ; et Suppl. à la FL. de COSTE par JOVET (P.) et VILMORIN (R. de), fasc. I, 1972).
HEGI, 1912. — Fl. Mitteleurop, t. III, 501-502.
TUTTIN (T. G.) et MERXMULLER (H.). — Aconitum, Fl. Eur., 1, 211.



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