Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
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Un Dryopteris
Récemment récolté en vallée d'Aspe, il pose un problème difficile à résoudre car on ne peut déterminer cette Fougère avec nos Flores actuelles.
Nous le nommerons provisoirement : Dryopteris villiarii Bell. Woymar sp. ?. cf. nevadense (Boiss.) comb. nov. inédite, proposée par le ptéridologue Reichstein, de Bâle, qui a étudié notre plante.
Localité : Montagnes d'Aspe, commune de Lescun, près du Lac de lhurs, entre le pic Billare et le pic « Le Dec de Lhurs », dans la vallée de l'ancien déversoir du lac de Lhurs (le lac se vide actuellement par une perte qui a fait baisser sensiblement son niveau), vers 1601 m, sous l'abri, ouvert au nord, d'un gros rocher calcaire protégeant aussi Aspidium lonchilis et Cystopteris fragilis.
Description discriminante sommaire.
Ce petit Dryopteris glanduleux, à écailles du pétiole concolores, et frondes (d'un vert gai, molles, de 15-35 cm, diffère surtout des subsp. villiari et pallida (Bory) Heywood par :
- fronde relativement moins étroite ;
- segments presque étalés (nettement relevés chez les deux subsp. villiari et pallida)
- pinnules planes (souvent concaves en dessous chez les deux subsp. précitées) ;
- pinnules très resserrées ne laissant guère voir l'axe du segment (cet axe est bien visible entre les pinnules espacées des feux subsp. indiquées)
- pinnules moins allongées et aussi moins fortement dentées ou moins pennatilobées,
Remarques. Ce (Dryopteris méconnu pour la chaine pyrénéenne ou confondu avec les deux précédentes subsp. du D. villarii, est assez répandu en altitude dans les lapiez des montagnes du versant sud-pyrénéen. MM. P. Monserrat et L. Villard le connaissent en de nombreuses localités dans les provinces de Huesca et de Navarre. Leurs échantillons de l'Herbier du Centro pirenaico de Biologia Experimental de Jaca furent aussi examinés par le Pr. Th. Reichstein. Ils sont identiques à notre plante d'Aspe.
Flora Furopaea méconnait l'« Aspidiam nenudense » Boiss. ou plutôt (comme l'avaient fait Willkomm et Lange) le met en synonymie avec la subsp. pallida (Bory) Heywood de Dryopleris villarii. Mais cette dernière grande et belle Fougère, que nous possédons du lapiez des Claps de Caus-sols (A.M.), de la vallée du rio Freddo près de Tende (A.M.) et aussi des environs de Gaeta au N.O. de Naples (legs Reichstein), est absolument différente de la plante pyrénéenne.
De nouvelles études en cours, surtout caryologiques, permettront sans doute d'établir définitivement l'identité de la plante pyrénéenne.
Avenochloa vasconica (Sennen) Gervais.
Cette Graminée ibérique se distingue surtout de Avenochloa pratensis (L.) llolub. par ses feuilles plus étroites et plus raides n'ayant qu'une travée de sclérenchyme allant tranversalement d'un épiderme à l'autre de chaque côté de la nervure médiane (alors que A. pratensis en a plusieurs) et aussi par un axe floral glabre alors qu'il est abondamment poilu chez A. pratensis.
A. nascanira fut récemment signalé en France en 1973 par C. GERVAIS (Pyrénées orientales et atlantiques).
Nous connaissons cette plante de plusieurs localités du Pays basque
français, des montagnes d'Aspe, et aussi de Navarre. Nous pouvons préciser
qu'il s'agit d'une espèce montagnarde à subalpine (300 à 1750 m), calcicole,
de stations découvertes, presque xérophile, colonisant de ses touffes vivaces
des marnes, des schistes calcaires, ou des rochers lapiazés, dans le domaine
du chêne pubescent, ou du hêtre, ou même au-dessus de la limite du hêtre.
En particulier nous l'avons récoltée au Pays basque dans les localités
suivantes: lapiez du Catisse des Arbailles; près des crevasses d'Holcarté
à Larrau; à l'amont des gorges de l'Ohladibie vers 1400 m sur des schistes calcaires avec en contrebas un beau peuplement de Leucanthemum maximum elle atteint 1750 m en Haute-Soule, au sommet du pic calcaire de Bimbaletta, commune de Sainte-Engrâce.
Un Aconitum variegatum L. subsp. ?
Aconitum variegatum est admis comme espèce autonome par TUTIN qui a traité le genre Aconitum dans Flora Europaea.
Les Flores de P. FOURNIER, ROUY et FOUCAUD, et COSTE (Supplément par
P Jovet et H de Villemorin) la citent comme étant très rare des Alpes du Nord (Savoie et Haute-Savoie).
Il s'agit alors de la sous-espèce rostratum (Bernh.) Gayer que d'ailleurs Rouy et Foucaud rattachent à Aconitum paniculatum et qu'ils décrivent comme suit : « Plante à panicule flexueuse, lâche, à rameaux ascendants pubescents. Casque étroit, conique, à sommet plus ou moins incliné et contracté en un bec porrigé ».
Aconitum variegatum n'est pas particulier aux Alpes françaises du
nord. Nous l'avons récolté en fleur le 20 Août 1967, dans les Alpes-Maritimes prés de Peira-Cava, dans la montagne calcaire de l'Anthion, vers 1751 m
d'altitude, au bord de la route conduisant à la Baisse de Carana.
On voit que les Flores générales ne citent pas Aconitum variegatum dans les Pyrénées et le Catalogue-Flore des Pyrénées en cours de publication dans la revue « Le Monde des Plantes » ne le mentionne pas non plus.
Pourtant cette plante y est présente et nous savons qu'elle existe des Pyrénées centrales (Luchon, Cauterets) aux Pyrénées occidentales (plusieurs localités en pays d'Ossau et d'Aspe).
Elle a été confondue avec A. napellus. Mais les graines, lisses sur toutes leurs faces chez A. napellus, présentent chez A. variegatum des crêtes transversales ailées, ondulées, hyalines.
Toutefois la plante pyrénéenne diffère de A. variegatum des Alpes
françaises. Elle appartient à une tout autre sous-espèce.
Décrivons-la sommairement :
Plante homogène dans toutes ses stations. Feuilles palmatiséquées à segments rhomboïdaux et lobes larges (ce qui permet de distinguer
A. variegatum de A. napellus à l'état végétatif) ; Inflorescence glabre (ce qui permet de différencier A. variegatum de A. paniculatum, cette dernière espèce ayant une inflorescence munie de poils glanduleux) ; panicule très contractée, rameaux peu florifères, généralement plus courts ou dépassant à peine la feuille axillante; fleurs très grandes, d'un bleu violet, mesurant jusqu'à 5 cm de haut et 2 cm de large ; casque largement convexe, arrondi ou surélevé en casque de Minerve, jamais lobé au sommet, avec lobe incliné en avant ; bec subnul, ou, s'il est dessiné, toujours descendant, jamais porrigé ou relevé. Floraison fort tardive : fin août à novembre, graines mûrissant mal à cause des gelées automnales.
Le Dr. W. Seitz, qui a examiné nos spécimens pyrénéens, les rattache formellement à l'espèce A. variegatum mais ne précise pas à quelle sous-espèce ils pourraient appartenir.
La Flore de Hegi signale quatre sous-espèces pour les Aconits du grex variegatum de l'Europe centrale, mais il est annoncé prudemment, en préambule, qu'il n'est pas toujours facile de nommer un échantillon car il existe des formes intermédiaires entre les quatre sous-espèces.
Si l'on peut facilement affirmer que l'Aconit de nos Pyrénées ne saurait être rapporté à la subsp. rostratum décrite plus haut, ni à la subsp. variegatum ou à la subsp gracile remarquables par leur inflorescence lâche, à rameaux plus longs que la feuille axillante, par contre la plante pyrénéenne aurait des affinités avec la ssp. Judenbergense (Reichb.) Gayer (= A. Cammarum Jacq.).
En effet elle possède comme elle une inflorescence contractée, et
fleurs à casque non rostré, comprimé, et à bec peu caractérisé.
Mais il semble difficile, dans un genre aussi protéiforme que le genre Aconitum, de rapporter une plante pyrénéenne à un taxon décrit de l'Europe centrale.
De nouvelles recherches permettront sans doute et peut-être à l'intérieur de la ssp. Judenbergense de reconnaître aux Pyrénées une race endémique d'Aconitum variegatum.
La plus belle localité de cet Aconit peut s'observer dans la vallée d'Aspe en amont du hameau des Forges d'Abel, au-dessus de la hêtraie-sapinière d'Espelunguère, au pied de hautes falaises calcaires adspectées à l'ouest.
La station, très accessible grâce au sentier qui conduit au lac d'Estaens
colonise à une altitude de 1600-1700 m une nappe d'éboulis assez grossiers
stabilisés. L'Aconit abonde. Il fleurit en septembre (après la floraison
Aconitum Lamarckii également abondant). On reconnaît au voisinage de
belles espèces herbacées luxuriantes : Lilium pyrenaicum, Heracleum pyrenaicum, Sonchus plumieri, et le remarquable Cirsium rufescens Ramond
Aconitum variegtum L.
- 1 : sommité fleurie.
- 2 : tubercule.
- 3 : feuille.
- 4 : fleur vue de profil grandeur naturelle.
- 4 : la même vue de face.
- 6 : pétale isolé.
- 7 : fleur après chute des cinq sépales.
- 8 : follicule.
- 9 : coupe dans un follicule.
- 10 : graines ailées (profil et farce).
Matériel provenant des Pyrénées Atl., Montagnes d'Aspe ; les Forges d'Abel, haute vallée d'Espélunguère; 1600 m.
Cerastium macrocarpum Schur. em. Gartner (C. lucorum Schur. ; Möschl. rec. 18555 ; C. fontanum Baumg. subsp. macrocarpum Schur. Jal , in Flora Europaea.
Nous devons cette détermination au Dr W. Möschl, de Graz (Autriche, botaniste spécialisé dans l'étude du genre Cerastium.)
Il a étudié notre plante récoltée au Pays basque de Haute-Soule, dans le canyon d'Ehujarré (commune de Ste-Engrâce). Notre Cerastium prospère sur éboulis calcaires frais, vers 1400 m d'altitude, au pied, d'une partie exposée au nord, en compagnie d'Arabis alpina et de Thalictrum macrocarpum.
Cette plante avait attiré notre attention par sa capsule très longuement exserte, dépassant 1 fois le calice et mesurant jusqu'à 18 mm. De plus les graines mesuraient 0,9 à 1 min de diamètre et présentaient des faces latérales pourvues de tubercules allongés. Calice pourvu de poils glanduleux sépales mesurant 7 mm.
« Cette plante calcicole d'endroits humides, n'était pas connue jusqu'à présent dans votre région, mais j'ai vu des échantillons d'Espagne du Nord Ouest provenant de Galice et des Asturies » précise le Dr. W. Möschl.
Dans Flora Europea ce Cerastium est indiqué pour l'Europe centrale seulement, mais P. Jovet et R. de Vilmorin, dans le récent Supplément à Flore de la France par l'abbé H. Coste, notent cependant : « Plat d'Europe centrale, présente dans nos montagnes de l'est, mais de distribution mal connue ». Il convient donc d'ajouter : existe aussi dans les Pyrénées basques.
Remerciements.
Nous remercions ici les botanistes étrangers qui ont facilité nos recherches en particulier : le Dr C. GERVAIS, ministère de l'Agriculture du Québec (Canada), le Dr W. MOLSCH de Graz (Autriche), le Pr Th. REICHSTEIN, de l'Institut de Chimie organique de Bâle (Suisse), le Dr W SEITZ, du Botanische Institut der Universitit de Saarbrücken (Allemagne Fédérale) et nos amis espagnols de Jaca : le Pr P. MONTSERRAT et son assistant L. VILLAR. Qu'ils veuillent bien agréer l'expression de notre reconnaissance.
BIBLIOGRAPHIE
Flores générales de la France (de COSTE, de ROUY et FOUCAUD, de P. FOURNIER, GUINOCHET (M.) et VILMORIN (R. de) fasc. I, 1972 ; et Suppl. à la FL. de COSTE par JOVET (P.) et VILMORIN (R. de), fasc. I, 1972).
GERVAIS (C.), 1973, — Contribution à l'étude cytologique et taxonomique (les Ave nes vivaces. Mém. de la Soc. Helv, des Sc. Nat., 88, Zurich.
HEGI, 1912. — Fl. Mitteleurop, t. III, 501-502.
HEYWOOD (V. H.). Dryopteris, in Flora Europaea, 1, 21, Cambridge.
JALAS (J.), 1964. — Cerastium ; in Fl. Eur., 1, 142.
TUTTIN (T. G.) et MERXMULLER (H.). — Aconitum, Fl. Eur., 1, 211.
WILLKOMM (M.) et LANGE (J.), 1870. — Prodromus Florae Hispanicae. Stuttgart.
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