Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
Communication présentée à la séance du 12 juin 1978 à Aussenherg (clôture de la 108e session extraordinaire). Manuscrit reçu le 24 janvier 1980 ; accepté le 10 mai 1980.
Jean DELAY: Laboratoire de Cytogénétique et d'Ecologie, 59655 Villeneuve-d'Ascq
Résumé.
Les auteurs présentent une étude cytotaxonomique de six taxons endémiques des Pyrénées-Atlantiques.
Fritillaria pyrenaica, n = x = 12 ;
Erodium gaussenianum, 2n = 2x = 20 et n = ar = 10 ;
Senecio helenitis ssp. helenitis var. pyrenaicus, n = 24 ;
Aconitum variegatum ssp, pyrenaicum nobis. n = x = 8 ;
Saxifraga intricata, n = x = 17 ;
Armeria euscuadiensis, n = x = 9.
Il est donné la diagnose originale de la nouvelle sous-espèce d'Aconitum variegatum.
INTRODUCTION
Les buts de ce travail ont été précisés dans une précédente note L61.
Les espèces analysées dans cette étude sont :
Fritillaria pyrenaica
Erodium gaussenianum
Senecio helenilis spp. helenilis var. pyrenaicus
Aconitum variegatum ssp. pyrenaicum
Saxifraga intricata
Armeria euscuadiensis.
L'étude de ces endémiques pyrénéennes regroupe des données diverses : nomenclature, diagnose, écologie, chorologie et caryologie.
MATERIEL ET METHODE
Les principaux stades de la méiose mâle ont été observés dans les jeunes boutons floraux fixés dans le mélange 3/1 (alcool absolu - acide acétique pur) et colorés dans le carmin acétique ferrique. Les figures de mitose proviennent soit de tissus d'anthère (Fritillaria pyrenaica), soit de racines jeunes (Erodium gaussenianum) prétraitées à l'hydroxyquinoléine, fixées au 3/1 et colorées selon la méthode de Feulgen.
OBSERVATIONS
Fritillaria pyrenaica L.
Son aire de répartition géographique déborde largement les Pyrénées, puisque cette Liliacée se retrouve dans les Asturies, les Cévennes et qu'il existe aussi une indication imprécise pour les Basses-Alpes (ROUY).
Dans les Pyrénées-Atlantiques, c'est une orophile plutôt calcicole, d'écologie assez souple, assez commune dans les montagnes d'Aspe et d'Ossau et qui atteint le Pays basque de Soule (!), mais semble manquer en Basse-Navarre, absente assurément en Labourd.
Des bulbes de cette belle liliacée ont été prélevés sur les pentes du versant ouest du Mont Urdinse (Bedous, Pyrénées atlantiques d'Aspe) à une altitude de 800 m environ.
En diacinèse, nous avons pu dénombrer 12 bivalents ; la plante analysée est donc diploïde comme la plupart des espèces appartenant au genre Frilillaria. La même espèce récoltée dans la province d'Oviedo (Espagne) et analysée par KÜPFER [17] est également diploïde.
L'étude de la garniture de bivalents révèle 2 groupes morphologiques différents :

PLANCHE I
Fritillaria pyrenaica L.
(phot. 1 à 4).
1-2. - Diacinèses à 12 bivalents caractérisés essentiellement par la localisation proximale des chiasmas. Les régions centromériques, grêles et étirées, s'opposent nettement aux bras de chromosomes à la spiralisation majeure accusée (X 380).
3. Les 12 bivalents de la microphotographie n° 2 ont été classés d'après leur morphologie, en trois types distincts :
- 7 bivalents, chacun à 1 seul chiasma proximal localisé près du centromère subterminal (rangée supérieure) ;
- 2 bivalents à 2 chiasmas situés de part et d'autre du centromère submédian ; les quatre bras d'un bivalent sont d'inégale longueur (partie inférieure gauche de la photo)
- 3 bivalents possèdent de 2 à 3 chiasmas proximaux localisés près du centromère subterminal d'une part et dans la région moyenne des bras d'autre part (partie inférieure droite de la photo).
4. Vue partielle d'une mitose de tissu somatique d'anthère. L'hétérochromaticité est surtout localisée aux extrémités des bras de chromosomes (X 610).
Erodium gaussenianum (phot. 5 à 10).
5. - Feuilles radicales pennatiséquées à segments écartés et incisés-dentés
(X 0,24).
6. - Vue de l'inflorescence (X 0,48).
7. - Métaphase de mitose à 2n = 20 chromosomes uniformément petits. L'étalement a accentué l'écartement des bras de chromosomes (X 1190).
8. - Diacinèse à n = 10 bivalents dont 3 sont associés au nucléole. Les bivalents possèdent chacun 1 ou 2 chiasmas distaux terminalisés (X 950).
9. - Diacinèse : bivalents fortement contractés (X 950).
10. - Métaphase I, à n = 10. Les bivalents dissymétriques disjoignent précocement. Les unités disjointes ne sont plus reliées que par un fin tractus chromatique (X 950).
- 10 d'entre eux sont constitués de chromosomes homologues à centromères subterininaux ;
- les 2 autres, formés de chromosomes à centromères submédians sont morphologiquement très différents des précédents (phot. 3, en bas et à gauche).
La spiralisation majeure apparaît ici très nettement au niveau des bras de chromatides séparées par un espace clair en quelques endroits. Cette spirale majeure demeure visible car la condensation (le ces grands chromosomes reste peu accusée en fin de prophase 1.
La comparaison des garnitures chromosomiques d'espèces non apparentées (Fritillarra pyrenaica, phot. 4, et Erodium gaussenianum, phot. 7) fait apparaître, en dépit des différences de grandissements photographiques, une très grande disparité dans la taille des chromosomes.
La morphologie particulière des bivalents de cette Fritillaire est liée à la localisation proximale des chiasmas. Ces derniers restent localisés.
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