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Localités nouvelles du Cirsium carniolicum Scop.
ssp. rufescens Ram. dans les Basses-Pyrénées



Séance du 27 novembre 1964.

Résumé. Cirsium rufescens, rare endémique pour le versant nord des Pyrénées centrales et occidentales, prospère, en Aspe., non loin du col du Somport. Quelques précisions sont données sur la composition floristique des peuplements à Cirsium, ainsi que sur les conditions écologiques.

Cirsium carniolicum Scop. possède une sous-espèce : C. rufescens Ram. qui est une rare endémique des Pyrénées centrales et occidentales.
Diverses localités de cette plante, connues d'anciens auteurs sont tombées dans l'oubli depuis plus d'un demi siècle et semblent difficiles à retrouver aujourd'hui avec les seules indications sommaires des Flores et Catalogues régionaux.
Dans les Basses-Pyrénées la plante se récolte au-dessus de 1.400 m dans les vallées d'Aspe et d'Ossau.
Je l'ai vue au-dessus des Eaux-Bonnes, près de Gourette ; au-dessus de Gabas, non loin du Pic du Midi ; enfin en Aspe, dans la vallée d'Espelunguère, près des Forges d'Abel.
Ces localités sont connues de quelques rares botanistes.
Par contre, il semble que les deux localités suivantes soient inédites pour les Basses-Pyrénées. Elles se situent toutes deux sur le territoire de la commune d'Urdos, et non loin du Col du Somport.
- 1) Au pied du « Saut de la Vache », haute mais étroite falaise calcaire dominant de plus de cinquante mètres quelques hectares (le pàturages cernés par la hêtraie. Il n'y a là que quelques toull'es. L'altitude est environ 1 400 m.
- 2) En grande abondance, près de la frontière espagnole, au-dessus d'une forêt de hêtres et de sapins, tout au long d'une falaise calcaire orientée au nord-ouest, à 1600 m environ, au pied du Mont Causiat.

Cirsium rufescens est une Composée luxuriante, atteignant 1,5 m. Elle possède des feuilles très amples, molles, fort peu cutinisées. Son organisation explique son écologie. La plante craint à la fois l'air sec et les longues expositions à la lumière directe. Elle exige un sol assez frais et surtout un air humide, mais redoute l'ombre et la concurrence des feuillus.
Le biotope le plus favorable se situe dans la zone montagnarde, à la limite supérieure de la hêtraie, dans la partie amont d'une vallée fermée par de hauts escarpements. Là-haut, naissent fréquemment et stagnent les brouillards. Les derniers hêtres s'y couvrent de draperies d'Usnées et d'Alectories. C'est à la base des hautes murailles calcaires, de préférence adspectées au nord, ou sur des pentes d'éboulis à gros éléments, depuis longtemps stabilisés, qu'il faut chercher les peuplements de Cirsium rufescens.
On le reconnaîtra de loin, dominant de sa taille des espèces herbacées luxuriantes, parfois fréquentes dans les mégaphorbiaies, en bordure des torrents pyrénéens.
On notera d'abord les grands Aconitum lycoclonum, A. pyramidale, myrrhis odorata, Chaerophyllum hirsutum, Adenostyles pyrenaica, espèces souvent ripicoles.
Mais on remarquera aussi : Lilium pyrenaicum, L. martagon, Thalictrum aquilegifolium, Meconopsis cambrica, Saxifraga hirsute, S. umbrosa, Pimpinella magna, Epilobium trigonum, Pedicularis foliosa, Horminium pyrenaicum, Knautia longifolio, Cicerbita Plumieri, Mycelis muralis, Crepis blattarioides, rarement Polygonatum verticillatum et Veratrum album.
Parfois encore voisinent quelques espèces rupestres ou des sols rocailleux, comme Aquilegia pyrenaica, Anemone alpina, A. narcissiflora, Thalictrum macrocarpum, T. minus, Arenaria grandiflora.
Parmi les quelques plantes arbustives : Salix pyrenaica, Rubus idaeus, Rosa alpina, Ribes petraeum.




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