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Graminées intéressantes récoltées
dans le Sud-Ouest de la France.



Séance du 20 janvier 1961.

En 1882, les Paspalum vaginatum, Eleusine indica, Stenotaphrum dimidiatum prospéraient depuis longtemps dans la région de Bayonne quand on découvrit sur les redoutes de la ville le Sporobolus tenacissimus qui devait si rapidement envahir le Sud-Ouest.
Depuis cinquante ans une dizaine de Graminées adventices apparurent, mais demeurèrent, comme Briza maxima L., ornement des sables littoraux d'Anglet, au sud de l'Adour.
La naturalisation de Setaria geniculata (Lmk) Parl, et de Eleusine tristachya Kunth vient d'être à peine proclamée que trois nouvelles Graminées adventices : un Cenchrus, un Stipe, un Eragrostis essaient leurs chances d'implantation.
Cherchons pourquoi la région de Bayonne est si favorable aux naturalisations de Graminées exotiques.
Le climat est maritime avec rares gelées. Les terrains vagues abondent près du petit port, la pinède est là, toute proche, nécessaires relais permettant l'invasion de l'arrière pays. Dans les ports importants, les kilomètres de quais empierrés n'offrent aucune ressource aux semences étrangères. Une germination est-elle amorcée entre les voies ferrées portuaires ? Au milieu du printemps, la pulvérisation d'herbicides compromet l'heureux développement aes plantules.
Des Graminées adventices, des sub-méditerranéennes localisées et quelques espèces des montagnes basques feront l'objet de mon propos.

1) Adventices susceptibles de naturalisation.

- Cenchrus pauciflorus Benth.
Le genre Cenchrus appartient à la tribu des Paniceæ. Il se caractérise par ses épillets peu nombreux ou solitaires, enclos dans une coque épineuse ou involucre, formée de deux valves, libres ou coalescentes à la base. Les pédoncules involucraux sont courts, épais, articulés à la base. Les épillets tombent avec la coque, y demeurant toujours inclus, la germination des graines se faisant à l'intérieur des vieux involucres.
Il s'agit d'espèces silicicoles, annuelles ou pérennantes, d'Asie, Afrique et Amérique. Beaucoup d'entre elles sont gênantes par leurs involucres férocement armés d'épines munies de barbes rétrorses.
Cenchrus pauciflorus, américain, est une espèce annuelle, parfois pérennante lorsque l'hiver est doux. Il forme de larges touffes denses, avec des tiges de 20 à 90 cm, genouillées à la base, ascendantes ou couchées, s'enracinant aux noeuds. Les feuilles ordinairement planes, ont 2 à 7 mm de large. L'épi-composé est long de 3 à 8 cm. Les coques involucrales sont parfois emmêlées. Les valves libres jusqu'à la base, ont 4 ou 5 mm de large les épines étant exclues, ou 7 à 8 mm épines comprises. L'involucre est pubescent, mais jamais densément laineux. Les épines sont nombreuses, dressées, étalées ou réfléchies, aplaties, élargies à leur base ; les inférieures courtes et relativement grêles, les supérieures un peu plus fortes pouvant atteindre 4 mm de long. Il y a deux ou trois épillets dans chaque involucre. Les épillets ne contiennent qu'une fleur fertile : la deuxième. La première est incomplète, montrant à la dissection une unique glume.
Cenchrus pauciflorus a souvent été confondu avec C. tribuloides L. Il se distingue surtout de ce dernier par ses coques plus petites, n'atteignant jamais 10 à 15 mm de large et ses valves non densément laineuses.
En Amérique Cenchrus pauciflorus croît dans les sols sablonneux découverts et c'est souvent une mauvaise herbe des cultures.

Cenchrus pauciflorus


Cenchrus pauciflorus Benth.
1) Tiges fructifères x 0,5 ; 2) épi isolé x 1 ; 3) épillets dans leur involucre, x 9 ; 4) barbes rétrorses des épines involucrales ; 5) coupe longitudinale dans un involucre montrant 3 épillets ; 6) glume isolée ; 7) glumelle isolée ; 8) caryopse jeune ; 9) détail de la ligule.






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