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Hypericum mutilum L., naturalisé dans la vallée de l'Adour.



* Séance du 23 octobre 1959.

Ma première rencontre avec cette plante d'origine nord-américaine date déjà d'une douzaine d'années. J'avais reconnu pendant plusieurs années consécutives sa présence le long des berges de l'Adour, à quelques kilomètres en amont de Dax. Les colonies instables y étaient peu fournies en individus. La plante annuelle croissait sur la marge des plages, dans une étroite bande de sables frais formant liseré au bord de la rivière.
Après avoir signalé l'apparition de cette adventice (Monde des Plantes, n° 266, mars 1950) je m'étais désintéressé de suivre le sort des peuplements observés.
Or, en septembre 1959, herborisant près de l'Adour, aux environs du Pont de Lamarquèze, non loin de Saint-Jean-de-Marsacq, et à une vingtaine de kilomètres en aval de Dax, je revis l'Hypericum mutilum extrêmement abondant partout, même loin des rives de la rivière. J'appris par la suite que notre collègue JALLU avait aussi repéré cette espèce, dans cette localité, en août de la même année.
Les berges de l'Adour, aux environs du Pont de Lamarquèze, présentent un grand intérêt botanique. Il y a là de vastes étendues de sables et surtout de très nombreuses mares à Marsilia quadrifoliata, Cyperus serotinus, Scirpus carinalus, Wolffia arrhiza ; des vases molles à Elatine hexandra et Elatine inaperta.
Les adventices abondent autour des mares : Paspalum distichum, Cyperus vegetus, Juncus tenuis, Hibiscus moscheutos, Aster novi-belgii et Aster squamatus. Plus intéressants sont : le Scirpus striatulus qui n'était connu que des vases de la Gironde, le Bidens frondosa et surtout le Bidens comosa, lequel, probablement non encore signalé en France, fera l'objet d'une étude particulière. Sur les sables, en bordure des mares : Euphorbia maculata, Xanthium macrocarpum, Sporobolus tenacissimus.

L'Hypericum mutilum ne se mêle guère à ces adventices ; il préfère les cuvettes fraîches, sans eau stagnante. Partout présent dans les dépressions découvertes des sables, il ne tolère guère que le voisinage du petit Cyperus flavescens. Souvent même il occupe seul la totalité de la place, et recouvre entièrement le sol de milliers de pieds.
L'abondance de la plante prouve une naturalisation déjà ancienne.

L'Hypericum mutilum se distingue facilement des espèces françaises du même genre. C'est une annuelle, glabre, de 10 à 30 cm., à tige genouillée, puis dressée ; cette tige est carrée, avec des ailes peu marquées. Les feuilles ne sont pas ponctuées-transparentes. La cyme est très florifère. Les fleurs sont minuscules avec des pétales plus courts que les sépales accrescents.
A la loupe binoculaire on distingue 8 à 15 étamines. La capsule pointue dépasse légèrement les sépales. Les graines nombreuses sont mucronées aux deux bouts.

Hypericum

Hypericum mutilum L.: 1, plante entière x 2,3 ; 2, section de la tige ; 3, fleur vue de profil ; 4, fleur vue de dessus ; 5, pistil à l'état jeune ; 6, capsule presque mûre ; 7, graine très grossie ; 8, capsule après déhiscence.




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