Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
* Séance du 23 janvier 1959.
En 1953 j'ai annoncé la présence de cette plante en territoire français (Monde des Plantes, 1953, n° 293, p. 17).
Il s'agit manifestement, d'une erreur. Ma détermination était fondée sur l'étude de spécimens peu fructifiés récoltés au Pic d'Orhy (Pays Basque), mais l'appareil végétatif de ma plante était remarquablemeut semblable à celui de Seseli cantabricum.
Je me suis laissé abuser par un phénomène de convergence véritablement singulier, exagéré encore par l'absence, sur les spécimens du Pic d'Orhy, de feuilles basales qui seules, ont une valeur pour la détermination de l'espèce.
En octobre 1957, ayant repéré dans le causse des Arbailles (Pays Basque) de très beaux peuplements du prétendu Seseli, je fis une récolte massive de cette Ombellifère pour la faire connaître à mes confrères de la Société française d'Échanges de Plantes vasculaires.
J'eus ainsi l'occasion d'examiner des fruits malheureusement encore un peu jeunes mais qui me semblèrent voisins des fruits du genre Peucedanum. Je dessinai alors une planche représentant mon Ombellifère, en me promettant de la compléter par une étude morphologique du fruit mûr.
En même temps que je recevais d'authentiques fruits de Seseli cantabricum, j'ai finalement obtenu, en décembre 1958, des fruits bien développés de ma plante critique, qui n'était pas un Seseli, mais que l'on peut rattacher avec certitude à l'espèce Peucedanum chabræi (Crantz) Jacq. (Palimbia carvifolia Vill.).
En effet, les feuilles basales présentent des segments décussés, les pétioles sont canaliculés en dessus, les rayons de l'ombelle sont pubescents du côté interne, enfin les vallécules des méricarpes présentent 2 ou 3 bandelettes.
Toutefois, la plante basque ne ressemble à aucun des exemplaires d'herbier (communiqués par divers correspondants et par le Jardin botanique de Bordeaux) qu'il m'a été loisible d'étudier et qui concernaient le P. chabræi. La plante basque se rapproche de la var. autumnale Hol., mais s'en distingue toutefois par ses feuilles supérieures à 3-5 segments seulement, longs parfois de 15 cm. et larges de 2-1 mm. Il n'y a que 5-6 rayons à l'ombelle ; les ailes marginales des méricarpes sont peu développées et on ne voit en général que deux (et non 1) canaux secréteurs sur la face commissurale.
A une floraison tardive, août-septembre, correspond une maturation des fruits en novembre-décembre. Les biotopes basques (pâturages calcaires bien drainés, rochers herbeux des ravins, champs de blocs lapiazés) sont différents de ceux mentionnés pour cette espèce qui vit habituelle-ment dans les prairies humides.
Une comparaison avec des exemplaires dûment authentifiés de la variété autumnale du P. chabræi (type ou cotypes) permettrait peut-être de définir la valeur systématique exacte des individus de la population basco-béarnaise. On connaît en effet l'importance du micro-endémisme dans cette région.
Des spécimens bien fructifiés de la plante basque sont à la disposition des botanistes.
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