Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
* Séance du 23 janvier 1959.
Entre Tardets et Saint-Jean-Pied-de-Port le synclinal géologique des Arbailles est un véritable causse qui élève à 1.280 m. ses calcaires aptiens très épais, durs, à faciès récifal. Une hêtraie maigre s'installe à l'ombrée, sur des pentes rocheuses et abandonne au Chenu pubescent d'admirables champs de blocs lapiazes, burinés de cannelures de dissolution. Côté sud, le causse est bien isolé du bourrelet axial pyrénéen par les deux profondes vallées du Laughibar et de l' Apphoura. Côté nord il est sérieusement entamé par deux autres vallées à direction sud-nord, creusées par des torrents issus de fontaines vauclusiennes alimentées par les eaux enfouies dans le lapiaz.
L'un de ces torrents naît dans un cirque calcaire. Ses eaux sortent de deux grottes profondes, s'enfoncent dans les couches jurassiques (perte), réapparaissent pour se précipiter dans une vallée étroite affouillée dans les grès rouges du permo-trias. Le torrent coule ainsi, pendant un kilomètre sur sol siliceux, la pente étant forte, avec de nombreuses cascades.
Le paysage rappelant des vallées basques plus occidentales qui abritent des Eougères atlantiques hygrophiles, on pouvait espérer rencontrer, dans la partie siliceuse de la vallée, des biotopes à Trichomanes speciosum ou à Hymenophyllum tunbridgense.
La présence du Dumortiera hirsuta, compagne habituelle du Trichomanes indiquait un milieu favorable. Une petite grotte, creusée à hauteur d'une cascade, rive droite, recélait en effet le Trichomanes speciosum. La grotte embuée par les embruns est inaccessible car située au-dessus de la profonde vasque qui s'étale au pied de la cascade.
Cette localité, la plus orientale actuellement connue clans les Basses-Pyrénées est, à vol d'oiseau, à une soixantaine de kilomètres de la mer, et apparaît connue la plus élevée (alt. 600-650 m.).
Le Trichomanes existe encore dans diverses localités du Pays Basque occidental Francais, où plusieurs botanistes l'ont revu récemment. Personnellement je l'ai recherché dans des localités classiques d'où on le disait disparu.
Je l'ai ainsi retrouvé au Mont Choldocogagna. Je l'ai vu en quatre places dans un ravin de la Rhune ; enfin j'ai repéré 17 stations à Trichomanes dans la région d' Itxassou.
J'ai ainsi reconnu des peuplements remarquables (500 frondes, certaines, splendides, atteignant une longueur de 60 cm., avec le pétiole).
Les colonies trop mouillées sont toujours stériles bien que luxuriantes. Par contre la plante fructifie abondamment, et en toute saison, dans des peuplements aérés, moins humidifiés, mais presque inaccessibles car accrochés à des murailles de quartzite dans la partie la plus étroite des gorges.
Je n'ai pas retrouvé le Trichontanes à Bidarray. J'ai cherché vainement cette Fougère dans des vallées siliceuses basques qui me paraissaient susceptibles de la recéler : ravin gneissique de l'Ursouia, près de Hasparren, vallée de la Hayra et torrent d'Urepel descendant du Pic de Lindux (quartzites et schistes-métamorphiques) ; vallée du Laughibar descendant du Pic des Escaliers (poudingues à ciment calcaire) ; vallée de l'Iraty; vallée de l'Ahaixa à Larrau (poudingues rouges).
Dans la vallée des Aldudes et à Larrau existe seulement 1, Hépatique. Dumortiera hirsuta, qui, ayant des exigences écologiques moins strictes que le Trichomanes, possède dans les Pyrénées une répartition géographique plus vaste.
INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES.
Bull. Soc. bot. Fr., 1933, 80, p. 797-809 (Doc. bibl végét bryol. compagne) ;
1934, paru 1941 ;
Session extraord. Pays Basque, p. 85-86, 92-1.11, 228-229,
291-356 ; - 1949, 96, p. 208-211 ; - 1953, 100, p. 6, 187-188, 285-290 ; -
1954, séance du 26 mars.
Not. Bot. et intin. commentés, VIIIe Congr. intern. bot., Paris-Nice, 1954 ; exc. 1-13.
Bull. Centre d'Études et de Rech. Sc. Biarritz, 1956, 1, p. 73-90 (aspects hivernaux).
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