Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
* Séance du 2 juin 1972.
Résumé.
Rumex cantabricus Rech. croit dans les Pyrénées franco-ibériques. La graminée Stipa parviflora Desf. semble bien indigène sur l'affleurement argileux des « Fosses de Fournes » dans le Gard.
1 °) Rumex cantabricus Rech. dans les Pyrénées occidentales
On considère ce Rumex, que RECHINGER a décrit en 1960, comme une espèce endémique du N. W. de l'Espagne (Picos de Europa).
Il est surtout remarquable :
- par ses feuilles et pétioles densément papilleux ;
- par ses valves fructifères grandes 6 (8) x 8 (10) mm, légèrement
cordées à la base, sans tubercules, avec marge présentant de nombreuses
petites dents ;
- par ses feuilles basales et caulinaires inférieures, à pétiole presque
aussi long que le limbe, et ce dernier distinctement cordé, plus ample dans la moitié inférieure, presque aussi long que large, avec des nervures latérales formant un angle de 50-60° avec la nervure médiane.
Ce Rumex est voisin du Rumex longifolius D C. (= R. domesticus Hartm.). Toutefois cette dernière espèce présente des feuilles non papilleuses, les inférieures 3 à 4 fois aussi longues que larges, tandis que les valves fructifères sont plus petites : 4,5-5,5 x 5,5-6,5 mm avec, surtout, une marge entière.
Le Rumex cantabricus fut repéré dans les Pyrénées occidentales dès 1880, mais mal déterminé à cette époque. Dans le compte-rendu de la Session extraordinaire de la Soc. bot. de Fr. tenue au Pays basque (Bayonne 1880), le Dr GILLOT nous rapporte : « Dans les prairies voisines de la borde (bergerie) d'Orisson le Rumex domesticus n'est pas rare, en compagnie du Rumex Friesii G. G. ». Mais l'erreur de détermination doit être bien antérieure car WILLKOMM et LANGE signalent déjà Rumex domesticus aux Pyrénées dès 1870 à la « Rencluse de la Maladetta », rapportant une citation de ZETTEHSTEDT publiée en 1857.
Dans sa flore de France, l'abbé H. COSTE ne mentionne pas R. longifolius DC. (= R. domesticus Hartm.). Mais G. ROUX le signale dans toute la chaîne pyrénéenne : « Mont Orisson à l'ouest (GILLOT) ; Haute-Garonne (ZETTERSTEDT), et Pyrénées Orientales (Coder, selon OC.). Il le cite encore dans l'îlot de Porquerolles, en Provence.
P. FOURNIER (1961) reprend les citations de ROUX et les complète avec une vieille indication de GRENIER et GODRON (1855). Ces derniers nous disent : « Spontané autour des habitations de la moyenne montagne dans la chaîne du Jura ; souvent cultivé ».
Il nous semble possible que le vrai Rumex longifolius puisse exister dans le Jura car l'espèce est signalée rudérale en Islande, Royaume-Uni, Danemark, Allemagne, Suède, Norvège, Finlande, U.R.S.S.
Mais, par contre, il est plus que probable que toutes les indications relatives à la chaîne pyrénéenne concernent en fait le Rumex cantabricus Rech. Car, dans les Pyrénées occidentales prospère Rumex cantubricus et non le vrai R. longifolius.
Voici d'ailleurs quelques localités ouest-pyrénéennes pour Rumex cantabricus Rech. :
a) Navarre ; près de Burguete en allant vers Pamplona ; dans les prairies naturelles fumées au bord de la route C.135, un peu avant le village de Espinal-Auzperri, vers 950 m alt.
b) Basse-Navarre. Prairies naturelles fumées établies sur les rampes nord du pic d'Orisson vers 900 m alt., et aussi dans le lapiaz du grand rocher de Zerkupé (1085 m) au sud du pic d'Hostatéguy.
c) Montagnes d'Aspe. Très abondant au-dessus de Lescun, en montant vers le refuge de Labérouat, tout le long du chemin et dans les prés fauchés vers 900-1000 m d'alt. (BOSC-VIVANT).
d) Haute vallée d'Aspe. Les Forges d'Abel. Au pied des grandes falaises calcaires d'Espelunguère, vers 1600 m alt., sur les bords du sentier qui conduit au lac d'Estaëns.
e) Vallée d'Ossau. En amont de Gabas, route du Pourtalet, aux environs immédiats de la bergerie de Tourmont, vers 1600 m alt., dans les éboulis calcaires stabilisés et sur sol enrichi par l'abondante fumure due aux ovins.
Donc, dans les Pyrénées occidentales le Rumex cantabricus doit être considéré comme une plante nitrophile des zones montagnarde à subalpine, fréquente surtout le long des chemins que suivent les moutons ou dans les prés recevant une riche fumure organique. L'élevage et les cultures en basse montagne favorisent sa dissémination.
On peut penser que le biotope initial pouvait être une croupe calcaire lapiazée, découverte, très visitée par les herbivores qui cherchent, par les journées torrides, un peu de fraîcheur sur les sommets ventilés.
Aux Picos de Europa, dans la Chaîne Cantabrique, RECHINGER a aussi récolté le Rumex à moyenne altitude (1000-1400 m) mais les indications écologiques qu'il nous livre sont des plus sommaires : « secus vias supra pagum Espinama » : 1959. Sans doute encore a-t-il récolté son Rumex cantabricus le long de chemins très fréquentés par les troupeaux ?
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