Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
Mis en ligne par Téla-Botanica le mardi 11 mars 2008 par Pascal Arlot - Botanique et floristique
Le magazine du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques a publié un article sur Jean VIVANT dans son n°38 de février-mars 2008.

Il continue à poser des pièges dans son jardin. De petites choses dont la viande avariée attire les insectes. Il y a deux ans, il a même découvert un nouveau lombric. Jean VIVANT n'est pas seulement un ento-
mologiste. Lui qui a épanché à Bordeaux et à la Sorbonne son appétit de connaissances, qui a aussi étudié l'océano-
graphie et la minéralogie, est un spécialiste de mycologie et de lichens. «Et l'astronomie m'intéresse beaucoup» s'amuse-t-il, regard malicieux derrière les lunettes. A bientôt 85 ans, il se lève parfois la nuit pour regarder à la jumelle.
Jean VIVANT, né dans les Landes d'une mère aubergiste et d'un père employé de la Sncf, s'est pris de passion à 11 ans pour les plantes, les lichens et les arbres. Installé à Orthez, il reste un formidable botaniste, dont le parcours présente de grandes similitudes avec celui de Théodore MONOD. II a passé sa vie à récolter en France et dans le monde des plantes dont beaucoup portent son nom, certaines ont aujourd'hui disparu. Son herbier, qui contient quelque 100.000 plantes, est une mine d'or pour les scientifiques d'aujourd'hui, en raison, précise son épouse Jacqueline, de «ses descriptions précises et précieuses sur la localisation, le milieu, le lieu, les caractéristiques de la plante, celles qui poussent en association...»
Ayant acquis en autodidacte un joli coup de crayon – il dessine parfois des portraits - il consigne croquis et informations dans des petits carnets, encore écrits d'une écriture fine et sûre, avec toujours la même rigueur. La même qu'à l'époque de ses premières notes, lorsqu'il était tout jeune. Dans des boîtes en bois, où sont recensées toutes les plantes récoltées, il saisit une fiche au hasard, ajuste sur le nez ses lunettes retenues par un mince cordon, la regarde et constate : «Je tapais à la machine. Je ne le fais plus maintenant.»
Chaque matin, il se lève tôt pour remettre à jour son herbier et réviser les nomenclatures. Son premier herbier, il l'a réalisé pour un instituteur, qui accordait un point par famille de plantes différentes trouvées. «J'ai eu 20 sur 20 en botanique», s'amuse-t-il. La silhouette un peu courbée, le béret sur le crâne et le sourire aux lèvres, il n'a rien perdu de sa curiosité. Son regard s'anime lorsqu'il se revoit gamin, sur son vélo : «J'étais capable de remonter la vallée de l'Adour pour voir des fossiles.» A pied ou à vélo, il observe et cueille ce que la nature met sur sa route: champignons, fossiles, lichens, plantes... Il noue et entretient des correspondances avec des sommités de la botanique. Jacqueline, qui classe ces lettres postées de Belgique, Espagne. Afrique, Grande-Bretagne. Suisse, ou encore Etats-Unis, s'enflamme encore pour ces grands noms. A 19 ans, il publie son premier article et questionne par courrier le Pr Lebrun : «Comment faire un herbier, s'équiper, sangler les plantes...»
Enseignant des sciences de la vie et de la terre, successivement à Blaye, Bayonne, Castelsarrasin, Mont-de-Marsan et Orthez où il s'établit il y a 58 ans, Jean VIVANT est habité par sa passion qui dévore même sa vie privée. Celui que ses anciens élèves appellent aujourd'hui encore «le savant» emmène ses classes en montagne, ou faire de la spéléologie, sans se rassasier de botanique. Il fouille toute la France. «Il a recherché toutes les plantes et aussi les champignons», explique Jacqueline, complice de sa quête. Chaque découverte provoque «une enquête de police» : aller aux informations vers les quatre points cardinaux, vérifier si elle existe ailleurs en alertant ses correspondants dans le monde. Rien ni personne ne peut l'arrêter. «Quand il voyait une plante, il fallait qu'il l'ait.»
Parfois, la commande d'un laboratoire pharmaceutique paie le voyage. Sinon, la famille vit de bouts de chandelles pour qu'il parte en Corse, Réunion, Guadeloupe, Maroc, Côte d'Ivoire, Grèce, Canaries, Sénégal. «De 5 heures du matin jusqu'au soir, sans manger ni boire, en pleine brousse. C'était une force de la nature ! Sa passion le transcendait».
Aujourd'hui, Jean VIVANT continue à cultiver dans son jardin des variétés anciennes. II lit et relit PASCAL, Jean ROSTAND, Théodore MONOD, devient presque philosophe: «J'ai vu trois générations de botanistes. Ce sont eux qui vivent le plus longtemps.
Les plantes, ça entretient...»
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