Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
I. Un peu d'histoire:
En septembre 1493, dix sept caravelles commandées par COLOMB déjà proclamé vice-roi des "Indes", cinglaient vers les îles amenant la petite armée de plus de trois mille hommes. Du haut de leur hune, les guetteurs attentifs scrutaient l'horizon, tous dans l'attente impatiente de la côte espérée, désormais prochaine.
La Désirade, voila un nom justifié pour cette terre attendue, maintenant réalité concrète, là, à l'occident, surgissant des flots, et cap de convergence pour tous les voiliers.
Hélas! ce n'était guère qu'un énorme rocher, broussailleux, aride, inhabité, ne permettant même pas un abordage pour l'aiguade escomptée.
Bien plus tard la Désirade, située seulement à dix kilomètres de la Guadeloupe, devint une dépendance administrative de la Grande Terre.
Le peuplement commence au XVIIIème siècle. L'île déshéritée reçoit d'abord les plus malheureux des colons : condamnés et proscrits de la Guadeloupe, lépreux confiés aux bons soins de religieux dévoués.
On cultive les légumes des tropiques, le coton, le sisal; les chèvres errent librement dans la brousse épineuse.
Les humbles cabanes puis les maisonnettes s'élèvent le long d'une route unique desservant la côte sud, la moins inhospitalière. L'agglomération de Grande Anse (ou Beauséjour) jouxte l'appontement permettant le trafic maritime avec le petit port de Saint-François, en Grande Terre. Le minuscule aérodrome des "Galets" reçoit les avions très légers et les hélicoptères, permettant la liaison avec l'aéroport du Raizet de Pointe à Pitre.
La Désirade compte environ 1600 habitants pratiquement tous de race noire. Elle comporte une commune unique avec sa mairie, ses deux églises, sa poste, ses écoles, ses deux "plis" ou salles très animées pour combats de coqs.
Dure épreuve pour la Désirade que le passage du cyclone "Hugo"! Mais les maisons éventrées se rebâtissent, plus grandes, plus belles. L'île attend un prochain développement surtout lié à l'adduction de l'eau. Cette dernière viendra des lointaines et pluvieuses montagnes de la Basse-Terre grâce à la canalisation en partie sous-marine.
II. Géologie:
Deux arcs volcaniques engendrèrent les Antilles. Ils jalonnent le fossé de subduction où la plaque atlantique glisse sous la plaque caraïbe.
La Désirade appartient à l'arc oriental, ou externe, le plus ancien, formé au miocène supérieur il y a environ sept millions d'années. L'émersion fut suivie d'une subsidence lente pendant laquelle les sédiments calcaires d'origine corallienne se déposèrent sur le socle volcanique. Une nouvelle surrection se produisit il y a environ deux millions d'années. Le socle émergeait localement coiffé de la nappe sédimentaire d'une puissance approximative de trois cents mètres.
Les roches superficielles, vulcanites de couleur noire, ou brun rouge par l'oxydation superficielle, contrastent vivement avec les calcaires organodétritiques très blancs, pétris de beaux polypiers.
Les vulcanites s'observent principalement sur la Côte sous le Vent, ou Côte caraïbe, fort découpée, très hostile. Elles construisent également toute la pointe nord-est de l'île, région assez basse et dénudée au-delà du quartier de Baie-Mahault.
Curieusement la carte géologique que nous avons consultée n'indique pas un affleurement de roches volcaniques qui apparaît pourtant lorsque l'on grimpe par la ravine Cybèle sur le plateau de l'île. Rive gauche (côté est). s'observe le calcaire corallien tandis que rive droite (à l'Ouest) se dresse un haut talus de 50 à loo m formé par les vulcanites que couronnent les blanches falaises du plateau calcaire.
Manifestement la ravine Cybèle se creusa sur l'emplacement d'une faille laissant à l'Est le compartiment effondré et à l'Ouest le compartiment apparemment surélevé.
III Géographie physique:
La Désirade se présente comme un grand navire échoué, épave retournée, battue par les flots, plus violents sur la pointe est de l'île. Orientée Sud-Ouest-Nord-Est, elle mesure 11 km de long et seulement 2 km de large. Sa superficie n'excède guère 20 km².
Le relief se relève progressivement à partir des deux extrémités, mais très brusquement sur les flancs jusqu'à un grand plateau calcaire sommital très nettement limité car bordé souvent de petites falaises. L'accès sur cette plate-forme s'effectue seulement par deux petites routes sinueuses à forte pente. Elles abordent le plateau par les cieux extrémités et se poursuivent par une médiocre piste suivant l'axe longitudinal. La table calcaire offre un bord très abrupt relevé du côté sud dominant la côte atlantique. Elle s'incline plus légèrement vers le Nord, vers la mer caraïbe. Le point culminant, à "Grand Montagne", porte la côte 273 m d'altitude.
Une vingtaine de ravines très pentues, d'accès difficile sur la côte nord, écorchent les bords du plateau.
Citons les trois plus importantes : ravine "Portorique" et "Grand Bassin" pour la côte nord, et la remarquable ravine "Cybèle", pour la côte sud. La longueur de leur thalweg n'excède pas 2 km.
L'absence de relief notable détermine une pluviosité faible; la latitude (16° Nord) explique une température moyenne élevée, rendue presque constante (24 à 26° en toutes saisons) par l'insularité dans une mer très chaude.
On comprend l'aridité de l'île matérialisée par l'assèchement quasi permanent de tous les ravins. Toutefois, une source captée au griffon dans la ravine Cybèle, alimente plus bas un modeste robinet. De même, l'eau de la "Rivière" (sic) de Grand Bassin, refoulée par une pompe sur le plateau, remplit un réservoir d'une contenance de 1 m3, et s'échappe vers la côte sud par un tuyau de 3 cm de diamètre, posé à même le sol.
La population satisfait médiocrement ses besoins hydriques par quelques fruits de la frange littorale et, surtout, en gardant, dans de vastes citernes cimentées, l'eau pluviale captée des toits.