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Tagetes minuta L., adventice nouvelle pour le Sud-Ouest de la France.

Par P. JOVET (Paris) et J. VIVANT (Candresse, Landes).



- Résumé :

- P. JOVET décrit cette Composée d'après l'examen d'échantillons secs et frais, puis précise sa distribution géographique à l'aide des indications accompagnant les spécimens des Herbiers du Muséum de Paris et de renseignements bibliographiques: c'est une sud-américaine observée en Afrique, en Océanie et en Europe, notamment en France méditerranéenne.
- J. VIVANT donne des détails sur la localité de Tageles minuta L. qu'il a trouvée dans les Landes.

- Description et distribution géographique par P. JOVET:

Tagetes minuta L., Spec. pl., 1753, p. 887 (THELLUNG corrige en minutus.) = T. glandulifera SCHRANK, Pl. rar. hort. Monac., 1819, 1. 54 T. glandulosa SCHRANK, ex LINK, Enum. hort. Berol., II, 1822, p, 339.

- 1) - Description:

Plante herbacée dressée, H. m. 0,80-4,50. FeuiIles et rameaux opposés, sauf dans la partie supérieure de la plante. Feuilles moyennes, longues de cm. 12-13, pennatiséquées : 1 lobe terminal et jusqu'à 7 paires de segments opposés, tous serrulés; aux abords de la tige, env. 4 paires ± rapprochées de lobes longs de 5-6 mm. (ou moins), subdivisés en lanières très étroites acuminées non opposées.
D'une manière générale; rameaux florifères dans la partie supérieure de la plante, dressés, faisant avec la tige ou les rameaux principaux un angle d'environ 25°, comme d'ailleurs leurs subdivisions supérieures. Ces rameaux, groupés en petit nombre, ou solitaire à l'aisseile d'une feuille ou d'un groupe de feuilles diversement développées, se subdivisent, chaque ramification étant insérée à l'aisselle d'une feuille plus petite ou d'une bractée.
Capitules portés par des ramifications de 3ème, 4ème ou 5ème ordres, le pédicelle étant très court ou atteignant jusqu'à 5-6 mm. Pédicelle pourvu d'1 ou 2 bractées linéaires (long. mm. 2-3) simples ou à 1-2 lobes filiformes très courts. Inflorescence (non grappe, comme cela a été écrit) constituée par des groupes de cymes dont les capitules contigus se trouvent situés à peu près au même niveau, d'où des ensembles corymbiformes.
Capitule : Long. mm. 1(1-12) larg. min. 3-3,5. Involucre : 4 bractées soudées en un tube presque complet, se terminant par 4 dents obtuses courtes, bordées de très petits poils. Tube glabre intérieurement et extérieurement.
Fleurs : 4-8 par capitule. Fl. pislillées : tube égalant env. la moitié de la long. totale de la fleur, étroitement cylindrique, puis s'élargissant en ligule (long. mm. 1,5; larg. mm. 1,75) jaune-verdâtre ou blanchâtre, légèrement émarginée. Tube couvert extérieurement de poils papilleux pluricellulés-unisériés. Fl. hermaphrodites : corolle infundibuliforme à 4 lobes lancéolés égalant env. la moitié de la long. totale de la fl. Tube et lobes extérieurement garnis de poils pluricellulés-unisériés.
Akènes : ± plans, étroits, à bords subparalléles, noirâtres mais à surface entièrement cou-verte de poils blancs, argentés, dressés-apprimés. Pappus : écailles membraneuses-blanches soudées seulement à leur base, 1 grande et 4 petites, ou 2 grandes et 3 petites, les grandes égalant en long. env. le tube de la corolle, les petites entières ou frangées, toutes très finement denticulées.
Feuilles et bractées : de divers ordres portent de nombreuses taches arrondies brun-roux qui, vues par transparence, apparaissent, sur le frais, translucides et d'une belle couleur orangée : ce sont les glandes oléifères. Sur l'involucre, glandes en taches oblongues, ces glandes brunissent et noircissent par le vieillissement. Certains collecteurs notent l'odeur de la plante comme agréable d'autres comme peu agréable.

- 2) - Distribution Géographique :

- 1° D'après les Herb. Mus. Par.

a) Amérique : Nombreux exemplaires d'Amérique du Sud ; Brésil: Minas Garces, Sta Catharina, Sto Antonio, Sao-Paulo, Bic) Grande...; Argentine, Uruguay, Chili, Equateur, Bolivie. Stations : « in ruderatis » (Rio de Janeiro, etc...), « in agris humidis » ou « in ruderibus hortis que humidis » (Chili), « in agris cultis » (Montevideo), lieux humides (Chiquito, Bolivie), autour du port (Buenos-Aires, O. DEBEAUX), « bords sablonneux du Rio Negro au-dessus de Palagones, bonne odeur » (D'ORBIGNY, n° 212).
b) Océanie : Taïti (Ed. GRANDJEAN, 1893) ; Australie. Brisbane River (MUELLER, 1857). Adventice en Nouvelle-Calédonie (A, GUILLAUMIN, Fl. annal. et synopt. de la Nouv. Calédonie, 1948, p. 352).
e) Afrique : Egypte, près d'Alexandrie (J.-B. SAMARITANI, 1858) ; rive droite du Zambèse (SURCOUF, 25-VII-1925). Archipel des Iles du Cap Vert : plus. loc. (Aug. CHEVALIER, sept. 1934).
d) Europe : Une étiquette imprimée, sans date, mentionne: « Malaga, inter Arund. Donat. baud dubie introducta »; une addition manuscrite précise : leg. et comm. WILLKOMM.
e) France : « Béziers, campagne de Beauséjour, 26 nov. 1913; a été trouvé à Montpellier en 1843 et en avait disparu. J. B. RENAUD ».

- 2° Bibliographie:

Adventice en Allemagne :
près de Hanovre et de Hambourg; et en Suisse : Deredingen, 1909, et près de Bâle, 1910 (Dr. HEcu, Ild. FI. v. Mittel-Eur., VI-1, p. 535).
France :
- P. FOURNIER (Les Quatre Fl. de la Fr,. 1940 et 1946, p. 963) mentionne : sud-am., rarement adv. (Médit. 2) ».
- COSTE et SENNEN (Plantes adventices observées dans la vallée de ]'Orb à Bédai feux et à Hérépian, Bull. Soc. bot. Fr. 1894, LXI, voir p. 107) : Trouvé en abondance au bord du Rhône, près de Beaucaire, par DE POUZOLS, en 1832 (FI. Gard, I. 544) » et ajoutent leur localité : « Bédarieux, 24 octobre, R.R. » (Il s'agit donc de 1893).
Cette localité de Bédarieux est la seule que publie THELLUNG (FI. adv. de Montpellier, 1912, pp. 515-516).
- L. CONILL (Monde des Plantes, 1937, n° 227, p. 38) rappelle également la localité de Bédarienx et relate, en outre: « Cette Composée m'a été communiquée par M. MARTY à qui elle avait été donnée comme provenant des environs de Perpignan »; Roger DE VILLMORIN, qui détermina cette plante, précise qu'il ne l'a « jamais vu cultivée en France ».
A ces localités, il y a donc lieu d'ajouter celle de Béziers (de J.-B. RENAUD), mentionnée ci-dessus d'après l'échantillon de l'Herb. Mus. Par., et celle de Cap-Breton (Landes) sur laquelle J. VIVANT, qui l'a trouvée, publie, ci-après quelques détails et dont il m'a communiqué une plante pour identification.
Ajoutons encore les renseignements suivants dus à Pierre QUEZEL, (lettre du 23 nov. 1950) : « Tagetes minuta n'a jamais figuré sur les listes de Port-Juvénal où il ne paraît pas avoir été trouvé. T. minuta est absolument naturalisé dans le Jardin des Plantes de Montpellier, mais il ne paraît pas en sortir. »
Nous souhaitons que les botanistes qui connaîtraient d'autres indications les communiquent au Monde des Plantes. Il serait ainsi possible de suivre l'extension de cette Composée d'origine sud-américaine.