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Plantes rares du sud-ouest de la France
observées durant l'année 2002.



- 1°- LITTORAL DUNAIRE ENTRE CAPBRETON (LANDES) ET ANGLET (PYRENEES-ATLANTIQUES)

- Physalis peruvianum L. :
Cette Solanacée annuelle, originaire d'Amérique du Sud est rarement cultivée dans les Landes pour ses baies comestibls. Elle fut observée au sud de la ville de Capbreton, lieu-dit «La Pointe», dans les dunes fumées par les déchets provenant de la très proche station d'épuration d'eaux usées.

- Dorycnium hirsutum (L.) Ser. :
Cette Fabacée (ou Légumineuse), est une plante sous-arbustive méditerranéenne. Elle fut observée par Mme BARROSO dans les dunes de Labenne-Océan.
L'unique touffe fut transplantée dans le sable d'un parterre à Ficoïdes et Asteriscus maritimes à l'entrée de la plage.
Sous le nom de Bonjeania hirsuta (L.) Reich. le médecin botaniste BLANCHET signale ce même Dorycnium à Anglet en 1891. L'apparition de la plante «sur la piste de l'hippodrome de la Barre» fut vraisemblablement éphémère.

- Phillyrea angustifolia L.:
Oléacée des garrigues calcaires méditerranéennes, cet arbuste s'accomode aussi des sables maritimes (dunes fixées, pinèdes de transition vers la forêt exploitable).
Rare au sud de Capbreton, devenant assez commun au nord de Vieux-Boucau, il abonde surtout près du «Courant d'Huchet» issu de l'étang de Léon.
Les mycologues patients récolteront difficilement sur les amas de feuilles pourrissantes de Phillyrea le minuscule Marasme de l'Olivier. L'Olivier est aussi une Oléacée. Nous devons à C. SÉGUY et à C. BARROSO la connaissance d'un peuplement de Phillyrea dans la forêt littorale de Labenne-Océan. Cette forêt pionnière à Pin maritime, Arbousier, Chêne liège, Salsepareille se situe côté mer au départ de la route qui mène à l'Institut Hélio Marin.

- Phalaris canariensis L. :
Il s'agit d'une Poacée annuelle connue surtout sous le nom d'Alpiste. Elle est originaire de la Macaronésie (Madère, Canaries, Açores). Ses graines sont recherchées comme aliment pour les oiseaux.
Le Phalaris croissait au voisinage d'une cabane pour la chasse au filet dans les dunes au sud de Labenne-Plage. Les graines nourrissaient les alouettes captives, servant d'appeaux.
Cette plante fut observée aussi dans des conditions similaires dans les dunes de Capbreton.

- Cyperus rigens Presl.:
C'est une Cypéracée vivace, de grande taille (1 m), originaire de l'Amérique du Nord. Sa première apparition en Europe fut mentionnée en 1975. La plante s'installa à l'arrière des dunes de Tarnos sur les rives herbeuses, humides, des «mares de Lahoun». Elle s'avança aussi près de Capbreton au bord d'un fort ruisseau nommé Boudigau.
On la retrouve à Ondres, formant des peuplements importants dans des prairies basses, près d'une ferme isolée, abandonnée, nommée «Aboukir». Cette ferme se situe au bord de l'Anguillère, ruisseau drainant l'ancien lit de l'Adour, puis se jetant dans le Boudigau.

- Spergularia nicaeensis Sarato
(1873, première récolte réalisée à Aix-en-Provence).
Selon P. FOURNIER il s'agit d'une «plante méditerranéenne, RRR en France». La Flore de l'abbé H. COSTE l'indique des Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Hérault à Montpellier.
Les Flora Europaea, Flora Iberica, Flora Italia la révèlent en Ligurie, sud de la Péninsule italienne, Corse, Sardaigne, Sicile, Espagne méditerranéenne : Catalogne, Levant, Andalousie, Côte Cantabrique dans les Asturies où elle est citée «adventice naturalisée».
Elle est adventice à Anglet, près de la Barre de l'Adour, dans un ancien terrain de campement en aval de la «Capitainerie».
Les sables graveleux y furent colonisés par de nombreuses adventices comme Arctotheca calandula, Hedypnois cretica, Evax pygmaea subsp. ramosissima, Soliva pterosperma, Sedum caespitosum, Paronychia argentea, Gamochaeta cf. purpurea, G. falcata (G. subfalcata).
Spergularia nicaeensis s'observe aussi sur des sentiers près des étangs saumâtres de la Barre.

- Verbena bonariensis L. :
La Verveine de Buenos-Aires est une espèce herbacée, vivace par ses rhizomes traçants.
Cette plante de grande taille (60-100 (120) cm) semble peu cultivée dans notre région. On lui préfère pour des jardins d'agrément des Verveines exotiques de taille modeste ou des hybrides très florifères.
Repérée en mai dans une ancienne carrière, à Angoumé (village situé en aval de Dax), elle fleurissait en juin à Anglet, près de la Barre de l'Adour.
Là, deux étangs saumâtres situés au centre de l'ancien hippodrome s'entourent d'une ceinture de Baccharis halimifolia.
Le peuplement de Verbena se localise en bordure d'un fourré à Baccharis, Arbutus unedo, Smilax aspera. Il occupe des sables découverts à Cistus salviifolius, Verbascum sinuatum, Cynoglossum creticum.

- Brachypodium phoenicoides (L.) Roemer et Schultes :
Cette Poacée vivace, robuste, est connue de la région méditerranéenne. Par la vallée de l'Ebre, elle atteint le Pays Basque espagnol méridional. En Pays Basque français on la retrouve avec Brachypodium rarnosum (B. retusum) et B. distachyon au Sud-Est de Saint-Palais, dans une pseudogarrigue calcaire traversée par le le chemin de Saint-Jacques menant à Ostabat.
La voici abondante dans les espaces découverts, sablonneux, secs, de la piste de l'ancien hippodrome d'Anglet accompagnée des Poacées exotiques : Sporobolus indices, Paspalum dilataturn, Setaria geniculata, Stenotaphrum secundaturn.

- 2°- UNE STATION DE PLANTE REMARQUABLE :

- Centaurium chloodes (Brot.) Samp.
L'ouvrage «Inventaire des plantes protégées de France» publié en 1995 présente avec pessimisme l'avenir de cette Gentianacée connue du Portugal et de Galice en Espagne.
Citons quelques extraits du texte la concernant : «Uniquement dans les environs de Biarritz». «A la limite de l'extinction». «Représentée par moins de dix pieds». «Situation extrêmement précaire, la quasi-totalité des anciennes stations ayant disparu au cours des vingt dernières années».
Pourtant LAPEYRERE, au début du vingtième siècle, dans sa «Flore des Landes» mentionnait ce Centaurium «commun dans les lettes».
Nous avions observé cette plante le 5 juin 1962 à Capbreton «dans les sables des lettes littorales, près du Préventorium». La station fut détruite par l'extension de la ville.
Le Centaurium chloodes existait encore dans les Landes à Tarnos il y a une vingtaine d'années, représenté par un seul pied observé sur le bord d'un étang côtier temporaire. La plante y disparut, le biotope étant devenu trop herbeux.
Le 16 juillet 2002, une lette au sol sablonneux et frais, portant une végétation clairsemée, recelait ce petit Centaurium annuel. Onze pieds fleuris s'éparpillaient sur une dizaine de mètres carrés.
On notait à leur voisinage la présence de quelques plantes halophiles : Juncus maritimus, J. acutus, J. gerardi, Carex extensa, Glaux nuiritima, Samolus valerandi.
Cette station encore préservée de nos jours était déjà connue avant l'année 1850.