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Stage en Vallée d'Ossau du 2 au 5 Juillet 1998.



- Résumé:

Ce stage réunit quinze participants intéressés par les paysages pyrénéens et désirant aborder la connaissance de leur flore. Un grand nombre d'espèces furent observées au cours de trois excursions réalisées en pays d'Ossau. Mais la vallée d'Aguas Limpias dans le proche Aragon s'avéra la plus riche floristiquement.
Le téléphérique du pic de la Sagette et la liaison ferroviaire Sagette-Artouste permirent plusieurs heures d'herborisation dans la haute vallée du Soussouéou où l'on déjeuna près du lac d'Artouste (1989 m). Signalons que le petit train, modèle Decauville, installé pour la construction du barrage serpente sur voie étroité durant sept kilomètres à la vitesse maximale de 25km/h. Cela donne la possibilité d'observer convenablement la végétation rapprochée.
Le temps fut favorable, l'hébergement fort satisfaisant à Gabas, petit hameau situé à l'altitude de 1020m.
Les plantes collectées furent examinées commodément sur les tables de la terrasse ombragée de l'hôtel. Une salle fut réservée pour la projection du film méritoire "Microcosmos". Cette vidéo-cassette fut offerte à la SO-MY-LA par R. Toutain, notre fidèle participant.

- Journée du 2 juillet:

La matinée fut consacrée surtout à la visite, à recommander, du musée d'Arudy, petite ville située à l'entrée de la vallée d'Ossau. Etabli dans une belle maison ancienne, il rassemble sur quatre niveaux, de la cave aux combles, les collections conçernant la vallée : géologie, minéralogie, morphologie glaciaire, flore, faune, préhistoire et histoire, activités pastorales, agricoles, industrielles, traditions et coutumés, costumes anciens etc.
Retenons la richesse, la belle présentation des collections de pièces préhistoriques : outillage ou fossiles provenant des fouilles de grottes voisines.
Belle exposition des outils de carriers avec explications illustrées des techniques d'exploitation des carrières de marbre d'Aride. Non cristallisé par le métamorphisme, mais dur, de teinte claire, son ornementation revient à ses fossiles : polypiers, valves épaisses des Rudistes. Il s'agit donc d'une roche sédimentaire, marine, de mer peu profonde, récifale âge Crétacé, étage Urgonien.
Visite de l'église toute proche, du XVème siècle; portail roman très bien restauré, nef assez basse, étoilée parses croisées d'ogives.
Courte promenade dans une rue aux maisons anciennes pour gagner le lavoir lui-même ancien, très grand et si délaissé. Il occupe les deux rives d'un canal à eau claire et rapide qui alimentait jadis le moulin local. Où sont les lavandières ?
Par l'imagination le lavoir devient cimetière. Les grandes dalles de pierre nues et lisses, deux à deux symétriques, portent des noms comme celles des tombeaux.
Court arrêt en amont de Bielle pour saluer la présence de l'Erodiuin inanescavi, bien jolie plante endémique béarnaise, ici dans la localité classique où elle fut découverte, puis décrite en 1847.
On gagne la vallée de Bious Artigues dominée par le pic du Midi d'Ossau (2844m). Bref arrêt près du pont enjambant le torrent de Magnabaigt pour visiter une mégaphorbiaie, c'est-à-dire une prairie humide à très hautes herbes.
On admire les Lilium martagon et Lilium pyrenaicum, Valeriana pyrenaica, Myrrhis odorata, Chaerophyllum hirsuttun, Meconopsis cambrica, Veronica ponae, etc. Tout proche, riche flore rupestre, sur gros blocs et parois calcaires. Il y a là aussi deux plantes endémiques des Pyrénées des Gaves :
- Cirsium carniolictun subsp. rufescens, sorte de chardon aux grandes feuilles molles et dont la haute tige incline les capitules d'un jaune roussâtre.
- Lathyrus vivantii est une Gesse à fleurs pourprées assez grandes. Cette plante se localise généralement dans des couloirs d'avalanches des versants exposés au nord.
Facile promenade à la hauteur et en amont du lac de barrage de Bious, où Gentiana lutea arbore dans les pâturages ses rigides quenouilles fleuries. On erre dans des tourbières à Drosera rotundifolia, Viola palustris, Primula farinosa, Luzula sudetica, Pedicularis silvatiea et Pedicularis mixai (endém. pyr ; R.), Carex variés : panicea, rostrata, nigra (= goodenowii), leporina, davalliana... Eriophorum angustifolium décore le marais en inclinant au haut de ses hampes les blancs pompons laineux.
Dans les marais abondent les sangsues oicinales qui attaquent vivement les gros têtards. On examine de près le Triton helvetique facile à identifier. Sa queue comprimée se prolonge par un court filament.
Des buttes rocheuses siliceuses, à poli glaciaire, jouxtent la prairie marécageuse. Elles portent des Crassulacées diverses : Sedum angiicum, S. brevifolium, Sempervivum montanum et S. arachnoideum ; aussi Silene rupestris etc... Dans la sapinière on repère Pyrola minor, Luzula flavescens et une fougère assez rare : Dryopteris expansa.
Une mégaphorbiaie sur forte pente s'installe entre le sentier G.R. 10 et la rive droite du gave. Là prospèrent Geum rivale, Cirsium rivale et Cirsium palustre. Tout en bas un fourré de Salix bicolor. La plante notable de la journée sera l'hybride entre les deux Cirses : X C. subalpinum, plante méconnue pour les Pyr. atl. (le signe X indique l'hybridité).

- Journée du 3 Juillet:

Les télécabines nous font passer de la station inférieure de Fabrèges (1323m) à la supérieure (1970m). Des pentes escarpées défilent rapidement sous nos yeux. On reconnaît les parterres bleus fornés par les Asphodèles ou les Renoncules à feuilles de platane. Viennent les taches jaunes dues aux Crucifères Sysimbritun et Erucastrum. Les couleurs bleues proviennent des Jasiones ou, si le sol est frais, des grandes laitues Cicerbita plumieri.
Le train nous enfume dans un étroit tunnel. Enfin voici le jour et l'admirable vallée du Soussouéou à l'histoire géologique complexe. En bas, à l'ouest, elle présente son massif de granite gris aplani, pénéplanisé à la fin de l'épisode hercynien du primaire, puis surmonté, lors du plissement alpin, d'un énorme édifice dû aux plis couches des Eaux-Chaudes, plis déferlants, venus du nord. Les calcaires blancs forment le Pic Césy et les Arcisettes.
Ces calcaires, blancs exposés au sud, possèdent une riche flore. L'accès à ce site nécessite hélas une longue marche.