Départ de l'herbier
Herbier au conservatoire
Réception officielle de l'herbier
Presse
Lien article Mr Sarsiat
Double intérêt du stage :
Il fut programmé pour satisfaire aussi bien le naturaliste que l'amateur de beaux paysages ou de monuments moyenâgeux .
Au naturaliste s'offrent au pied des Pyrénées navarro-aragonaises une riche flore latéméditerranéenne et une avifaune diversifiée.
Au touriste se présentent des sites naturels étranges ou grandioses parfois peu connus en raison de leur isolement : Foz de Lumbier, Mallos de Riglos ou d'Aguero, murailles répétitives en aval du village ruiné de Salinas de Jaca Viejo.
Présentons d'abord les mommments visités:
Le Monastère de San Salvador de LEYRE en Navarre.
Sauvage décor montagnard. Eglise médiévale cistercienne dont la crypte romane emploie pour ses énormes piliers des chapiteaux du XIème s. Cette crypte à quatre nefs supporte le choeur de l'église romane du XIème s. avec absides et absidioles voûtées en cul-de-four. L'unique nef romano-gothique de l'époque clunisienne, date du XIVème s. On admire particulièrement le portail si richement décoré du XIIème siècle.
La Basilique de Santiago d'Aguero isolée dans un bois montueux.
On s'attarde devant le tympan à la délicate sculpture ayant pour thème l'Adoration des Rois Mages.
L'Ermitage de la Virgen de la Pena, près d'Anies, niché très haut dans une falaise vertigineuse.
Le château de Loarre considéré comme monument civil de style roman le mieux conservé d'Espagne. Greffé sur un âpre piton calcaire isolé, ce fut à la fois une citadelle militaire, résidence des rois d'Aragon, chapelle royale et un monastère de Chanoines réguliers de Saint Augustin. Dans l'église, la nef à coupole, les chapiteaux sculptés dénotent une influence byzantine. L'ensemble dominé par deux tours carrées est encore défendu par une double enceinte avec tours semi-circulaires parfaitement restaurées.
Conditions matérielles : Les 21 participants du stage furent tous présents. On dut malheureusement refuser des inscriptions tardives supplémentaires. Le temps nous fut favorable.
Toutefois un orage local perturba en fin d'après-midi l'excursion consacrée aux pentes arides et aux vires aériennes sous les falaises d'Aguero.
Les voitures particulières empruntèrent parfois des pistes sommaires ou même difficiles lorsque se présentaient ces petits fossés transversaux canalisant l'eau de micro-torrents temporaires.
Les excursions d'une journée entière furent suivies par la grande majorité de stagiaires, périple des Mallos de Riglos, randonnée au Portillo de Salinas (ou Osqueta), dominant Salinas Viejo.
L'hébergement à l'hôtel "Los Mallos" donna toute satisfaction et possédait l'avantage d'être au centre du territoire à visiter.
L'important bilan des observations botaniques :
A) Floristique (= Phanérogamie)
Première journée :
Saint Jean Pied de Port : Remparts de grès roses colonisés par Centranthus ruber souvent à fleurs blanches.
Arnéguy : A l'entrée du village, talus frais fleuris par la Julienne des Dames ou Hesperis matronalis subsp. candida.
Hêtraie de Valcarlos : Hauts talus frais avec peuplements abondants de Senecio ovirensis subsp. Gaudini (= S. brachychaetus DC.), endémique.
Vallée du rio Urobi : garrigues calcaires dégradées jouxtant le village de Nagore.
Nombreuses orchidées en fleurs : Orchis simia, Ophrys fusca et O. lutea.
Observations de nombreuses espèces méditerranéennes :
Aphyllanthes monspeliensis, Avenula bromoides, Astragalus monspeliensis, Genista scorpius, Hippocrepis comosa, Medicago orbicularis, Coronilla scorpioides, Coronilla minima, Argyrolobium zanonii, Linum narbonense, Coris monspeliensis, Thymus vulgaris, Santolina chamaecyparisius, Orobanche cemua (bleutée), etc.
Vallée de l'Irati à la Foz de Lumbier : gorge jadis inaccessible. On y arrive actuellement par les tunnels aval et amont permettant le passage de la voie ferrée : Pampelune-Saragosse, désormais désaffectée. Excursion très brève pour admirer le site qui recèle une flore d'une exceptionnelle richesse. On observa rapidement : Pistachia terebinthus, Quercus coccifera, Juniperus phoenicea, Phyllirea media, Jasminum fruticans, Ephedra major, Plumbago europaea, Euphorbia characias, Psoralea bituminosa, Aethionema saxatile, Verbascum maiale, Pallenis spinosa... Une belle endémique : Saxifraga pentadactylis ssp suaveolens Luizet et Soulié (1911) (= ? S. losana Sennen 1932) s'observe surtout sur les rochers du flanc nord de la gorge.
(bleutée), etc.
Environs du Monastère de Leyre : Lithospermum purpureo-caeruleum, Matthiola fruticulosa (= M. tristis), Mantisulca salmantica, etc.
Aguero : La basse vallée renferme des oliveraies, des vergers d'amandiers, quelques grenadiers. Les pentes calcaires portent le chêne de Valence, (Quercus faginea) et le chêne Kermes ; les garrigues à Romarin, Lentisque, Rhamnus lycioides accusent le caractère nettement méditerranéen de la flore. On observe souvent le Micocoulier (Celas australis) arbre élégant, spontané dans cette région. L'Olivier de Bohême (Eleagnus angustifolia) se décèle de loin par son parfum pénétrant. Près de la Basilique croît la belle orchidée parasite Limodorum abortivum ; sur les vieux murs du village prospère la Jusquiame blanche, plante toxique, médicinale.
C'est en montant vers les grandes tours de poudingues rouges que l'on traverse des pelouses maigres d'abord riches en plantes annuelles (thérophytes), puis viennent les plantes vivaces bassement arbustives (chamaephytes) et enfin un maquis à Prunus spinosa, Pistachia lentiscus, Juniperus phoenicia, Juniperus oxycedrus (le cade), Rhamnus lycioides, "l'escambron", piquant qui n'existe pas en France, comme d'ailleurs Bupleurum fruticescens, ombellifère arbustive. Le Romarin abondant alimente son parasite Orobanche latisquama absent au nord des Pyrénées.