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Corrections et additions à la Flore des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.



- A - Observations à propos d'anciennes identifications:

Les anciens botanistes de la deuxième moitié du 19ème siècle utilisaient la Flore de France de Grenier et Godron, publiée en 1852, flore excellente pour l'époque. Elle comportait 3 volumes, non illustrés, sans clefs de détermination.
Toutefois les descriptions des plantes s'avéraient minutieuses, rigoureuses, très complètes si bien que cette flore reste encore utile à consulter.
Elle fut largement utilisée par le Dr Blanchet auteur d'un "Catalogue des Plantes vasculaires des Landes et des "Basses-Pyrénées", ouvrage publié à Bayonne en 1891.
Il semble probable que certaines des espèces citées dans le Catalogue de Blanchet le soient à la suite de confusions bien pardonnables.
C'est le cas des Teucrium "scordium", Salix "viminalis", d'une aubépine nommée dans son Catalogue Crataegus "oxyacantha".

- 1° - Cas de Teucrium scordium ssp. scordium.

C'est une Lamiacée (Labiée) herbacée, vivace, odorante, fréquentant les prairies marécageuses, les abords de mares, les fossés.
Blanchet indique sa présence à Anglet près du lac de Chiberta "où il était CC". Il le cite encore RR au Boucau, à Tarnos, à Dax, aussi des "pignadas" du littoral.
Lapeyrère dans sa "Flore des Landes" (publiée en fascicules de 1892 à 1903) signale la plante RR à st Julien en Born et à Aureilhan.
Actuellement on peut observer dans ces régions le Teucrium scordium. subsp. scordioides Archangeli.
Les deux subsp. de Teucrium diffèrent surtout par la forme des feuilles caulinaires et raméales qui sont :
- cunéiformes à base peu dentée chez la ssp. scordium qui est une plante. glabrescente.
- embrassantes, plus dentées tout autour, chez la ssp. scordioides bien plus velue.

Teucrium

Depuis des décades ce Teucrium régresse dans notre littoral.
Il y était recherché comme plante médicinale. Un fossé de drainage creusé dans les "marais de Lahoun" à Ondres anéantit la plus belle colonie.
Une forte population de ce Teucrium existe à Vicq d'Auribat, village de la vallée de l'Adour, installé sur la rive gauche du fleuve, en aval de Mugron.
La plante y croît dans les "barthes" communales, argileuses, humides près de petites mares temporaires où l'on peut aussi repérer Marsilia quadrifolia (RR).
Observons que la Flore de Grenier et Godron indiquait T. scordium dans la France entière tandis que T. scordioides (admis alors comme espèce distincte) était cité seulement de la Corse à Bastia mais également près de Narbonne.
Ces considérations de répartition géographique influencèrent sans doute les déterminations du Dr Blanchet et de Lapeyrère.

- Cas de Salix viminalis L. (1753) ; "Osier blanc":

Cet arbre des rivages humides est indiqué commun dans notre région par Blanchet, même CC dans les Landes par Lapeyrère.
Or pour les Landes et les Pyrénées atlantiques nous connaissons au bord de l'Adour une unique station, rive gauche, à quelques kilomètres en aval du pont de Marquèze. Le peuplement concerne des vasières couvertes par le flux rythmique des eaux dû aux marées montantes. Une dizaine d'arbres de 10 à 30 cm de diamètre, d'abord courbés dans la vase se redressent pour donner des rejets vigoureux de 5m environ de haut, aux longs rameaux souples.
Le peuplement se localise sur 10m environ à la limite des communes de Pey et de St Etienne d'Orthe, près d'une maison isolée dite "Clémence". A quelques dizaines de mètres en amont de cette maison on doit grimper sur la digue pour observer les Salix viminalis. Accès difficile car des ronciers sont à traverser.
Notre première observation date du 26-08-1998. Par la suite nous avons conduit à cette station le botaniste Marcel Saule qui ne connaissait pas cette espèce et voulait la dessiner. Salix viminalis se reconnaît bien à ses feuilles alternes, très grandes, pouvant mesurer 4 cm de large, lancéolées-linéaires, non denticulées, très discolores, vertes et glabres en-dessus, soyeuses, blanches, brillantes en-dessous. Stipules petites, lancéolés-linéaires.

Salix viminalis

Blanc et Lapeyrere ont très correctement identifié cet arbre ? Le genre Salix est bien difficile car les hybrides sont très nombreux.
En Pays basque espagnol S. viminalis est rare. Nous l'avons vu une seule fois près d'Alsasua, en Navarre. Il est considéré comme un vestige d'anciennes cultures pour les besoins de la vannerie. Il ne serait donc pas spontané.
Ceci expliquerait peut être la disparition dans notre région du Salix viminalis ou "osier blanc" remplacé par le Salix alba variété vitellina un autre ligneux aux rameaux souples, à écorce jaune, souvent cultivé dans les oseraies.