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Phanérogames adventices ou spontanées
des Landes et Pyrénées atlantiques.



- Résumé:

On note l'apparition, la progression ou le maintien de plantes d'origine latéméditerranéennes comme Saponaria ocymoides, Valerianella muricata, Anthemis maritima, Polygala monspeliaca.
Une endémique rare du Pays basque littoral le Senecio bajonnensis Boissier signalé au "Livre Rouge des Plantes menacées de France" donne deux fortes populations dans les chênaies humides de la commune de St Martin de Seignanx.
Des adventices nord-américaines comme Cyperus flavus, Amorpha fruticosa semblent se naturaliser dans les Landes.
Au cours d'une excursion de la So. My. La. effectuée à Uchacq, près de Mont de Marsan, furent reconnues trois hélophytes peu fréquentes : Myosotis secunda, Cirsium anglicum et l'humble Scrofulariacée rampante Sibthorpia europaea.
D'autres récoltes sont aussi signalées réalisées lors d'herborisations à Arthez d'Armagnac et forêt d'Iraty dans le Pays basque.

- 1° - L'extension des latéméditerranéennes:

- Saponaria ocymoides:
Cette Caryophyllacée vivace, montagnarde, du sud-ouest de l'Europe, se rencontre entre 400 et 1800m d'altitude. Héliophile, elle prospère dans des stations rocailleuses, ensoleillées, souvent calcaires.

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Velue, glanduleuse, elle étale ses rameaux en cercle sur le sol. Ils se couvrent de fleurs roses formant des grappes dichotomes et corymbifonnes.
Cette jolie plante convient aux amateurs de jardins de rocaille.
Elle fut observée par le botaniste Darracq, il y a plus d'un siècle, près du port de Bayonne. Il s'agissait certainement d'une rencontre fortuite, rive gauche de l'Adour, dans les Allées-marines où s'installèrent puis disparurent d'autres plantes adventices jadis signalées là par le même auteur.
Nous la connaissions déjà dans les Hautes-Pyrénées bien spontanée sur les affleurements arides de schistes ardoisiers des stations chaudes de la vallée d'Aure, notamment en amont d'Arceau, près de Cadéac et Ancizan.
De même en descendant du col du Somport pour gagner Jaca on la repère en territoire espagnol sur les rochers et dans les éboulis entre Canfranc et Villanua. On est déjà dans le domaine du Chêne-vert ou Yeuse ou Quercus ilex.
La voici installée en vallée d'Aspe, à partir de semences venues probablement de la proche vallée du fleuve Aragon. Elle est présente sur des nappes d'éboulis de schistes métamorphisés au bord même de la route N. I34, en amont du village d'Urdos, plus précisément sous le tunnel hélicoïdal de la voie ferrée abandonnée. Observation du 10-05-2001. Altitude : 800-900m.

- Valeriana muricata (Steven ex Bieb.) Loudon (= V. truncata).
Les Valérianelles sont de petites plantes annuelles à racines grêles, tiges dichotomes, fleurs insignifiantes souvent bleuâtres et généralement groupées en têtes terminales.
L'identification des espèces nécessite l'observation des fruits mûrs. On doit de plus examiner leurs coupes transversales pour noter éventuellement la présence et la forme des loges stériles.

Valeriana muricata

On connaît sous les noms vulgaires de Doucette ou Mâche l'espèce printanière très commune Valerianella olitoria. On la récolte à l'état sauvage ou on la cultive comme plante potagère grâce à ses variétés améliorées (olitoria = du potager).
Valerianella muricata espèce euroméditerranéenne, d'Asie occidentale et d'Afrique septentrionale est signalée en France comme AR dans le Roussillon, le Languedoc, la Provence mais RR près du littoral Atlantique.
La récente "Flore du Pays basque espagnol" et le vieux "Catalogue des Plantes vasculaires des Basses-Pyrénées et des Landes" du Dr Blanchet ne mentionnent pas cette espèce. La plante s'observe en Pays basque à Béhasque et Garris, deux villages situés près de Saint-Palais.
Elle s'installe en terrain aride, marneux, ensoleillé, riche en plantes méditerranéennes (s. L.). L'ovaire des Valérianacées se soude au tube du calice. Ce tube chez V. muricata prolonge le fruit par une dent oblique aussi longue, presque aussi large que le fruit pubescent qui mesure 2 mm de long, et possède trois loges.
Deux loges restent stériles se réduisant à d'étroits canaux. Le fruit montre une dépression ventrale entourée d'un bourrelet saillant.


- Anthemis maritima L.
En janvier 2001, à Labenne-océan, près de la chapelle Ste Thérèse, on ne reconnaissait pas à l'état végétatif une Astéracée peu ligneuse à feuilles charnues, bipennées, ponctuées, odorantes.
Plantée dans un jardin elle devait fleurir au début de juin. Les réceptacles des capitules portaient des écailles membraneuses développées entre les fleurs centrales tubuleuses. Cela permettait de rattacher la plante au genre Anthemis.

Anthemis maritima

Possédant des racines vivaces, des tiges ramifiées, des feuilles crassulescentes ponctuées de petites cavités, des fleurs à ligule entièrement blanche, des akènes à côtes nombreuses, l'Anthemis appartenait à l'espèce A. maritima L.
Or c'est une espèce méditerranéenne connue en France des sables littoraux du Var, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Pyrénées Orientales, Corse.
Il est probable que sa présence à Labenne-océan résulte d'une introduction récente, involontaire, due au flux touristique.
La colonie d'Anthemis maritima se situe près d'un bâtiment ruiné qui fut un ancien presbytère jouxtant la chapelle désaffectée, affreusement salie par des peintures criardes et des graffiti indécents.
Certainement le bâtiment déjà délabré construit sur le sable aride du cordon dunaire sera détruit ou modifié pour autre affectation. Au cours des travaux l'avenir du peuplement de l'Anthemis maritima sera compromis.

- Polygala monspeliaca
Cette plante annuelle circumméditerranéenne possédait une station atlantique dans file de Ré. Il y a quelques années le botaniste bordelais Guy Dussaussois la rencontrait en Gironde dans le Médoc.
Notre confrère, Thierry Gatelier la connaît des Landes, à Geaune, dans le Tursan, probablement dans une clairière ou pâture maigre sur affleurement calcaire riche en Orchidées et dans l'étage du Chêne pubescent.