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Herborisations concernant les Landes et
Pyrénées-Atlantiques - année 2003



1) Observations à propos des Frênes indigènes ou introduits

Le genre Fraxinus de la famille des Oléacées comporte environ 65 espèces pour l'Hémisphère nord, toutes arborescentes, aux feuilles composées - imparipennées, aux fruits secs indéhiscents nommés samares simples car pourvues d'une seule aile qui favorise leur dissémination. Ces samares sont groupées en bouquets compacts et pendants.
En France on ne compte guère que trois espèces spontanées :
- Fraxinux excelsior ou Frêne élevé
- Fraxinus angustifolia ou Frêne à feuilles aiguës
- Fraxinus ornus, ou Frêne à fleurs, ou Orne, espèce méridionale, seulement spontanée en Corse ou dans quelques rares stations des Alpes de Provence.
Les botanistes landais dont Lapeyrère dans «Flore des Landes» publiée de 1889 à 1903 dans le Bull. Sté de Borda) ou Heubert dans «Arbres, arbustes et arbrisseaux des Landes» ouvrage publié à Mont-de Marsan, en 1941, connaissent le seul Fraxinus excelsior.
Auger et Laporte Cru omettent F. angustifolia dans «Flore du Domaine Atlantique du S.O.» (1980).
- F. excelsior fréquent en moyenne montagne où il constitue le meilleur fourrage d'appoint existe encore dans les bois de Chalosse. II était connu autrefois sous le nom vernaculaire de « Rachou ».
- Fraxinus angustifolia Vahi devient commun dans les basses vallées de l'Adour, du Luy, du gave de Pau. On le rencontre le long des rives ou dans les bosquets autour des « barthes » de Dax, Heugas, Tercis, Angoumé, Rivière, Saubusse, etc.
La récente Flore du Pays Basque espagnol (1999) mentionne F. angustifolia subsp. angustifolia et F. angustifolia subsp. oxycarpa ceci avec dessins à l'appui pour marquer leurs différences.
Quelle est la subsp. du Frêne à feuilles aiguës de notre région ?
La réponse à cette question nécessita de longues recherches bibliographiques et de fréquentes excursions sur le terrain.
Inutile de donner la bibliographie dont le texte demande 3 pages et concerne 24 auteurs.
Le résultat du travail est déroutant. Beaucoup d'auteurs ont créé des sous-espèces ou des variétés nouvelles par le seul examen de matériel d'herbiers sans tenir compte de la grande variabilité morphologique des feuilles et surtout des samares des F. excelsior et F. angustifolia.
Les trois auteurs suivants affirment la synonymie des F. angustifolia Vahl.et F. oxycarpa Bieb.: Brickell (C.) Encyclopédie Universelle de 15.000 plantes à fleurs et de jardins. Ed. française, Bordas, (2000) ; Ed. originale : Encyclopedia of Garden Plants, London (1996).
Jacamon (M.) Guide de Dendrologie ; Ecole Nat. , Génie Rural, Eaux et Forêts ; Nancy (1979).
Fukarek P. – Différences morphologiques et anatomiques entre le Frêne commun (Fraxinus excelsior) et le Frêne oxyphylle (F. angustifolia Vahl.) ; Bull. Soc. Bot. de Fr., N° 107, 4-6 (1960).
D'août à octobre 2003, nombreuses furent les récoltes nous montrant le polymorphisme des fruits et feuilles sur des sujets divers de F. excelsior ou de F angustifolia, parfois sur le même sujet selon la branche observée.
Pour éclairer le lecteur peu familier en dendrologie nous proposons une clé de détermination pour les quatre espèces observées dans notre région. Des dessins préciseront la morphologie des F. excelsior, F. angustifolia, F. americana.

Clé de détermination

1 Corolle présente, à 4 pétales blancs, inflorescence massive souvent terminale sur rameaux déjà feuillus ; arbre introduit ornemental.------- F. ornus L (1753)
1 Corolle absente, inflorescences axillaires, sur rameaux encore non encore feuillus (2)
2 Calice présent, 5-9 folioles pétiolées, très grandes (6-15cm de long)------- F. americanus L.
Calice absent, feuilles non pétiolées, moins grandes, plantes indigènes (3)
3 Bourgeons noirs, folioles à dents plus nombreuses que les veines latérales,------- F. excelsior L.
3' Bougeons bruns, nombre des dents égalant celui des veines latérales------ F. angustifolia Vahl.

Remarques
- Les synonymes F. angustifolia Valh et F. oxycarpa Bieb. furent décrits respectivement en 1805 et 1808 par Valh et von Bieberstein. F. angustifolia possède donc la priorité en systématique.
- On indique souvent que la taille de F.angustifolia est inférieure à lisière d'un bois de chêne rouvre, ou dans les bosquets des « Barthes » de Terris, près de l'Adour, on peut observer deux F. angustifolia dont le tronc s'élève environ à 20 m de hauteur et présente à 1 m du sol un diamètre évalué entre 0,8 et 1 m.
- Fraxinus americana L. voisin de F. pennsylvanica Marsh. s'observe en bordure du parc à voitures du « Centre Leclerc », à Orthez, (Pyr. Alt). Aussi même ville, au bord de la route de Bayonne.
- Fraxinus ornus L, rarement planté dans la région, fut observé dans les Pyrénées atlantiques : Salies de Béarn, Osses, Bonnut. Pour les Landes près de Soustons commune d'Azur.

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- Fraxinus excelsior ou Frêne commun, arbre élevé peut mesurer 30 à 35 mètres. Il vit 120 à 200 ans. Ii aime la lumière, son couvert est léger. Il a un bon enracinement. Ne supportant pas les peuplements denses, il reste souvent disséminé. Son bois est l'un des meilleurs de notre pays.
Selon Jacamon : « L'optimum de croissance et de qualité correspond à la Chênaie-frênaie à Ormes dans des stations bien drainées mais assez fraîches, ayant un niveau imperméable profond, au sol riche en limons et alluvions.
Il est sensible aux gelées de printemps qui lèsent la touffe terminale mais il résiste au froid d'hiver à 1500m. d'altitude.
En calcaire superficiel et sol sec la croissance est lente. Il perd les bonnes qualités du bois.
Ses feuilles opposées ont 5-15 folioles denticulées, lancéolées, écartées.
Feuillaison tardive. Précocement les folioles jaunies se détachent de l'axe foliaire.
Fleurs à structure très simple : 2 étamines, ovaire à 2 styles. Si tous les ovaires avortent on observe des sujets uniquement mâles. L'inverse est plus rare. Le Frêne peut donc devenir polygame.
En septembre les samares restent sur les arbres tout l'hiver. Elles sont aplaties, glabres. Aile elliptique ou oblongue, à l'apex arrondi, souvent émarginé.

- Fraxinus angustifolia Valh
Il est souvent plus petit (10-15m) que F. excelsior avec des folioles plus menues, moins nombreuses, plus étroites, plus aiguës, plus coriaces que celles de F.excelsior. Dents du limbe moins nombreuses ou égales en nombre à celui des nervures latérales. Bourgeons marron à brun rouille. Folioles à revers glabre ou tomenteux près de la nervure médiane. Espèce plus méridionale que Fraxinus excelsior il existe sur le pourtour de la Méditerranée et en Afrique du Nord.
Il aime les alluvions fraîches et les bords des cours d'eau, résiste au froid, remonte les vallées alpines, atteint le S.O., la vallée de la Loire, la Bourgogne.

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